Premier entretien
(la vérité, c’est le " non-oubli ")
Si vous n'avez pas lu mon introduction, je me permets d’insister pour que vous y retourniez ; sans quoi, il vous sera difficile de me suivre.
Compte tenu de ce que vous avez lu dans cette introduction, vous ne vous étonnerez pas que je poursuive sur le mode " dialogue " ou " question-réponse ".
Qui me posera les questions ?
Toi, ami lecteur ! Permets-moi de te tutoyer car je supporte mal les distances auxquelles la vie industrielle m’a forcée (en ce temps-là, c’était plus vrai que maintenant ; cependant…). Oui, ami lecteur, c’est toi qui me poseras les questions !
Comment moi ? diras-tu. Nous ne sommes pas en mode interactif !
Ce livret n’est qu’un livret d’introduction ; les rencontres et séminaires-ateliers que j’ai animés m’ont fait découvrir les questions que la plupart des occidentaux, dont je suis, se posent aujourd’hui.
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Si après la lecture de ce livret, il nous arrive de nous rencontrer dans un séminaire-atelier ou dans un entretien individuel, je serai heureux d’entendre les questions que tu te poses et que je ne me suis pas encore posées ; ce sera vraiment fructueux pour moi de partir à la recherche d’une réponse intérieure et surtout d’entendre ta réponse à toi qui aidera ma porte intérieur à s'ouvrir.
En écrivant ce livret, en union permanente avec toi que je ne connais pas, je me trouve intéressant pour toi mais je te trouve aussi intéressant pour moi. En effet, tu me donnes l’occasion de clarifier une fois de plus ma pensée et de découvrir en moi - tout en écrivant - de nouvelles questions à clarifier.
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Je suppose maintenant que tu as lu ces premières pages et j’imagine que tu me poses des questions ; tu voudras bien m’excuser de ne pas répondre aux questions que, inévitablement, je ne percevrai pas : ce sera pour une autre fois….
J’ai prévu que dans ces premières rencontres je me limiterais à te donner des informations de base ; ensuite, si tu le souhaites, nous pourrions nous livrer à des entretiens d’approfondissement inspirés par les questions qui naîtront en toi et que l’actualité et la vie quotidienne feront surgir.
Tu peux aussi me donner des avis ; je n’attends pas que des questions.
Voilà je te donne la parole.
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Comment se fait-il que nous ayons tous la vérité en nous et que nous ne l’ayons pas à notre conscience ?
Les " anciens " grecs appelaient la vérité " a-létheia " ce qui veut dire " non-oubli " ; la racine de " létheia " est " léthè " (oubli) qui est le nom du fleuve que, dans leur mythologie, nous traversons avant de naître sur cette terre.
La mythologie est une source inépuisable d’informations sur le sens de la vie ; mais il est nécessaire de savoir l’interpréter… ; aujourd’hui, cette mythologie est ignorée, voire considérée comme affabulation. C’est inévitable pour notre pensée occidentale actuelle !
C’est au sens profond de la vie que nous touchons ici.
Je te propose une réflexion.
Lorsque les Hommes veulent maintenir sur orbite un satellite qu’ils se disposent à lancer dans l’espace, ils doivent prévoir la possibilité de corriger sa trajectoire par téléguidage.
Pourquoi te dire cela?
Pour que tu penses à la Terre qui tourne autour du Soleil et qui se maintient sur sa trajectoire depuis des millénaires ! Sais-tu que si la vitesse de rotation de la Terre augmentait de deux à trois minutes par jour, nous verrions le sang sortir de nos yeux et de nos oreilles? Sais-tu que si la vitesse diminuait, nous serions cloués immobiles au sol?
Nous pourrions nous demander qui veille sur la trajectoire terrestre, qui la téléguide en quelque sorte. Et nous voilà quasi contraints de penser qu’il y a de toute évidence une intelligence cosmique, une Sagesse Cosmique qui régit l’Univers ; nous constatons que l’Univers est Sagesse.
Prenons une plante et voyons comme elle se soumet à une Sagesse; de même chaque espèce animale en liberté a adopté un mode de vie dont elle ne s’écarte pas.
Cette Sagesse qui régit l’Univers et la Terre, appelons-la: "Sagesse Universelle" ou " Sagesse Cosmique " ou " Intelligence cosmique " ou " Dieu ", peu importe. Ce qu’est cette intelligence, impossible de le dire ; il y a une ordonnance dans le monde que les plus en pointes de nos scientifiques - comme un Hubert Reeves, par ex - , constatent, " rencontrent " dans les faits ; qu’ils n’aient jamais vu un " Dieu le Père assis sur un nuage ", cela importe peu ; d’ailleurs, plus personne ne parle ainsi aujourd’hui ; la seule réalité incontournable, c’est qu’il y ait une ordonnance dans l’univers.
Eh bien vois-tu, cette Sagesse Cosmique elle est en nous puisque nous émanons d’elle ; j’ose dire que nous sommes cette Sagesse.
Mais alors pourquoi dort-elle en nous ? Pourquoi, contrairement à ce qui se passe pour les végétaux, les animaux, ne se manifeste-t-elle pas directement dans nos pensées, nos sentiments, nos actes. Ne serait-ce pas parce que cette sagesse ne veut se manifester en nous que si nous le lui permettons ?
C’est comme si cette sagesse voulait se faire libre en passant par nous ?
Tout porte à le penser !
Au fond, le problème actuel pour chacun de nous, c’est de découvrir le moyen d’entrer en relation avec cette sagesse, de l’accueillir et de la mettre en application dans notre vie quotidienne ! Alors finis les problèmes individuels et sociaux ! Alors fini de se poser des questions sur le sens de la vie !
Tout à fait ! Mais c’est une démarche qui n’est pas évidente !
En fait, nous devrions faire comme Einstein: laisser tomber les bras et la sagesse se dévoilerait !
Oui ! Mais que signifie " laisser tomber les bras " ? Quand nos savants en sont là, ils ont beaucoup travaillé ; ils sont tellement à bout de " chercher " qu’ils ne savent plus où ils en sont et qu’ils abandonnent tout, un moment. Par cet abandon, il font en eux le vide et, à ce moment-là, sans s’en rendre compte, ils se font coupe pour recevoir une nouvelle idée.
Comment peut-on se faire coupe tout en étant inconscient ?
L’âme du chercheur reste insatisfaite lorsqu’elle abandonne ; elle reste prête à s’émerveiller devant une nouvelle idée mais elle ne se le dit plus ; elle ne s’en soucie plus directement ! C’est ce " non-souci " qui provoque un état à la fois de vide et de coupe en attente.
Je pense aux antiques civilisations et notamment aux anciens grecs qui avaient donné le nom de " non-oubli " à la vérité. En connaissaient-ils plus que nous sur cette Sagesse Cosmique ?
Je propose que nous en restions là aujourd’hui ; nous pourrions reprendre demain par cette question.
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Première éditon : 11 septembre 2001
Dernière révision : 29 octobre 2002
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