liberté,

égalité, 

fraternité :

 

 

trois grandes dames 

 

qui viennent nous éclairer pour harmoniser

 notre vie individuelle et sociale

 

 

 

 

 

lettre ouverte

à mes sœurs et frères en humanité

 

 

 

ce que j’ai écris dans cette lettre m’apparaît comme une immense utopie lorsque je regarde comment nous vivons sur notre planète…

aussi longtemps que nous vivrons sur cette terre sans savoir « qui nous sommes » et sans savoir « pourquoi nous y sommes », cette lettre restera une utopie… et nous continuerons à nous sentir perpétuellement en manque… et nous continuerons à subir les souffrances que génère l’ « ignorance de soi »…

 

Introduction.

 

 

 

Cette lettre a été écrite à l’occasion d’une conférence  donnée à Beauraing le 20 décembre 2002 à la demande de l’association « Vivre autrement ».

Les paroles figées dans un écrit sont une chose ; celles vécues dans une conférence en sont une autre… Autrement dit, ce texte n’est pas le texte de la conférence mais sa substance.

 

 

Il a fallu la mort de Julie et Melissa, An et Eefje, pour que vienne la réforme des polices alors que l’on savait depuis tout un temps que la guerre des polices était source d’une certaine inefficacité.

Il a fallu qu’une petite arabe soit victime de la pédophilie pour que soit entendu l’appel-pardon de sa sœur Loubna Ben Aïssa qui nous invitait à rechercher une intégration plus harmonieuse.

Plus récemment, il a fallu le meurtre d’un jeune professeur d’Islam et aussi l’appel-pardon de son frère pour qu’enfin le gouvernement et la communauté islamique entrent vraiment en dialogue ; une table ronde « Mieux vivre ensemble » a ainsi été organisée par le gouvernement.

Il a fallu la catastrophe du pétrolier Prestige pour que les Etats prennent leur disposition sur la circulation des navires à une seule coque alors que le danger était bien connu. Mais les intérêts financiers avaient prévalus.

Ainsi donc, nous constatons qu’il faut souvent qu’un grand malheur, qu’une grande souffrance survienne pour que l’on se décide à faire ce que l’on pressent depuis tout un temps.

En 1789, lors de la Révolution française, trois mots puissants ont été prononcés : « Liberté, Egalité, Fraternité ». Qu’en avons-nous fait ? Avons-nous vécu en en tenant compte ?

Que me diriez-vous si un jour je vous disais : « Mais, je suis libre, moi ; dorénavant, je vais rouler à gauche, je préfère » ? Eh bien, voyez-vous, chaque jour, au nom de cette liberté ou fraternité ou égalité, nous nous comportons de façon aussi absurde sans en avoir conscience !

Si depuis 1789, nous avions pris la peine de réfléchir sur ces trois mots, si nous avions porté attention à ceux qui ont actionné la sonnette d’alarme pour nous dire que bien souvent la Liberté, l’Egalité ou la Fraternité n’étaient pas à leur place, si nous avions été vigilants, nous ne serions pas aujourd’hui dans une situation aussi malsaine.

Oui nous avons dormi devant ces trois mots « Liberté, Egalité, Fraternité » ; oui, nous les avons utilisés à tort et à travers ; nous les avons utilisés pour servir nos intérêts égocentriques mais jamais les besoins profonds d’une humanité en souffrance ; tous nous souffrons car nos intérêts égoïstes – même satisfaits – ne nous ont guère apporté de joie profonde ; au contraire, ils ont généré bien des maladies et souffrances de toutes natures. Certes l’espérance de vie a augmenté dans nos régions mais avons-nous vraiment la joie de vivre ? Et que dire de ces peuples « sous-développés » que, nous occidentaux, nous exploitons et conduisons à la famine ?

Oui ! Où est la joie de vivre sur cette Terre ? Combien sommes-nous à vivre la joie, vraiment et en profondeur ?

Nous avons dormi et aujourd’hui l’humanité est en plein désarroi. J’espère que vous, qui me lisez, ne dormez pas au point de ne pas voir ce désarroi ; car, s’il en est ainsi, le réveil sera brutal ! Il le sera sans aucun doute pour tous ceux qui, aujourd’hui, croient encore que tout va s’arranger sans devoir subir les dégâts que nous avons engendrés ! On ne peut récolter que ce que l’on a semé !

Quand les dégâts seront là, nous dirons : « Ah oui ! Il aurait fallu mettre à leur vraie place ces trois grandes Dames : « Liberté, Egalité, Fraternité » ! A ce moment-là, ce seront les dégâts eux-mêmes qui nous montreront, en toute simplicité, le chemin vers ces trois grandes Dames. Pourquoi ai-je dit : « Trois grandes Dames » ? Parce que, aujourd’hui, c’est le féminin qui est appelé à imprégner notre Société ; le masculin orgueilleux, conquérant n’a plus sa place à lui-seul ; il est invité à se regarder ; puisse-t-il se décider à vivre en harmonie avec le féminin ! Ce féminin qui n’a que trop souffert sous l’emprise du masculin !

Et si nous nous réveillions à temps ! Si nous devenions conscients de ces réalités avant que trop de dégâts ne surviennent !

C’est le but de cette lettre.

Comment cette lettre sera-t-elle structurée ?

 

Dans un premier chapitre, j’attirerai l’attention sur les rapports de forces qui régissent les relations humaines.

*

Ensuite, dans un second chapitre, je ferai une analyse de la vie économique non pas en m’appuyant sur des principes économiques de telle ou telle école mais uniquement en observant cette vie et en la laissant dire ce qu’elle est.

La seule « contrainte » – si l’on peut appeler cela une contrainte – sera de me référer à un humanisme qui est mien aujourd’hui et que je suis prêt à remettre en question si les réalités le demandent à ma conscience. Je donnerai le fondement de cet humanisme dans le chapitre 4. Cet humanisme se décrit en peu de mots :

- les êtres humains n’ont pas le droit de promouvoir des organisations sociales aux dépens d’un seul d’entre eux,

- chaque être humain a le droit de s’exprimer, d’être entendu et de prendre part aux décisions qui le concernent,

- les rapports de forces doivent aujourd’hui faire place au dialogue.

- les intérêts particuliers (individus ou nations) ne doivent pas nuire aux intérêts de la communauté.

Cette observation de la vie économique fera apparaître trois grandes réalités :

- une réalité culturelle qui décide quels produits sont nécessaires,

- une réalité économique proprement dite qui assure la réalisation de ces produits,

- une réalité juridique qui permet de passer de la première réalité à la seconde.

*

De cette observation, découlera la nécessité de faire une observation de la vie culturelle et de la vie juridique. Ce sera l’objet du troisième chapitre.

*

*

Dans un quatrième chapitre, une recherche sera faite sur ce qu’il est possible de faire maintenant.

 

 

*

Enfin dans un cinquième chapitre, viendra la question: « Cette lettre est-elle une utopie qui attend de ne plus l’être ? »

 

 

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Chapitre 1

La Vie sociale : un rapport de forces.

 

 

 

Avant aujourd’hui

Dès les premiers manuscrits – qui remontent à 4 à 5 millénaires – nous constatons que les rapports des hommes entre eux ont été très tendus ; nous pouvons parler de « rapports de forces ».

L’histoire est parcourue de récits d’invasions, de guerres. « Si tu veux la paix, prépare la guerre » disaient les Romains.

La Bible elle-même – dans l’Ancien Testament – contient de nombreux récits de conflits en tous genres. Dieu lui-même est considéré comme un Dieu de toute puissance, de colère. Le peuple d’Israël prône : «Oeil pour œil, dent pour dent ! ».

Ce n’est qu’au 6ème siècle avant notre ère que paraît le Bouddha qui invitera à la compassion entre les hommes. En parlant ainsi, il rapprochait les hommes : il remplaçait les rapports de force par des rapports plus intimes ; de plus, il conseillait la méditation qui allait générer une connaissance intime – quasi amoureuse – des réalités de ce qu’est un être humain.

Six siècles plus tard, le Christ nous parlera d’amour au point qu’il fera preuve d’un amour qui va jusqu’à donner sa vie. Il nous parlera du pardon ; et il précisera que le plus juste de nos comportements, c’est d’aimer autrui de la même manière que l’on s’aime soi-même. Mais il ne sera guère compris ! Rappelons-nous les comportements des chrétiens : croisades, inquisitions, excommunications,…. qui sont toujours des rapports de force. Plus près de nous encore ce fameux chant de Noël « Minuit chrétiens » où il est dit que le Christ « est venu de son Père apaiser le courroux ». Deux millénaires après la venue du Christ, son message d’amour commence à peine à être compris.

*

C’est ainsi que nous avons progressivement entrevus que les rapports de force pouvaient être tempérés d’abord par la compassion ensuite par l’amour.

 

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Aujourd’hui, nous pourrions dire que l’Ancien et le Nouveau coexistent ; rapports de force et rapports d’amour sont présents avec parfois de douloureux mélanges.

Voyons cela d’un peu plus près.

Les gouvernements d’Etats ?

Je ne parlerai pas des « dictatures » qui, elles, sont clairement des rapports de forces entre dirigeants et populations.

Quant à nos gouvernements dits « démocratiques », ils ont aussi leur origine dans des rapports de forces. En effet, quand nous nous rendons aux urnes lors de l’élection de nos représentants, nous votons pour que notre parti politique l’emporte sur celui des autres. Une fois au pouvoir, nos représentants se soucient peu des avis des autres, de l’avis de l’opposition. La polarité « gouvernants – opposition » est bien une institution de rapports de force. Quand l’opposition s’exprime, cela vole souvent très bas ; c’est de la violence !

Est-ce cela la démocratie quand la moitié d’un peuple est en opposition avec l’autre moitié ? Souvenons-nous du rapport de force spectaculaire lors de l’élection du dernier Président des USA : la moitié de l’Amérique contre l’autre moitié ! La démocratie véritable ne commencerait-elle pas par un véritable dialogue entre tous les intéressés afin de rechercher la solution la plus équitable. Peut-être ! Mais comment faire quand chaque parti a une conception différente sur la manière d’organiser la société ?

Cette question en entraîne une autre : « Pourquoi existe-t-il des conceptions différentes ? » J’y reviendra plus tard aux chapitres 3 et 4.

 

La vie économique ?

La vie économique ne devrait pas être autre chose qu’un moyen de satisfaire nos besoins ; producteurs et consommateurs devraient vivre en harmonie ; les premiers ne devraient avoir qu’un objectif : répondre aux demandes des seconds. Et il est utile aussi de prendre conscience que chacun de nous est à la fois producteur et consommateur.

Au lieu de cela, nous avons affaire à des producteurs qui sont manipulés par les banques-actionnaires afin de dégager des bénéfices de plus en plus grands, quitte à le faire au détriment des consommateurs. Inutile de donner des exemples ; tout le monde sait cela : introduction de la chimie dans l’alimentation ; dénaturation ou dévitalisation des aliments ; des gadgets ou des produits sans utilité ; des produits aux qualités-trompe-l’œil !

Voyez ce qui se passe dans le secteur des assurances ! L’origine des compagnies d’assurance s’appuie sur l’idée de permettre à un groupe de personnes de se cotiser pour partager fraternellement les risques qu’elles courent ; elles sont devenues des sociétés cotées en bourse au profit de qui ? C’est un scandale ! Nous dormons et nous nous laissons faire !

Et la publicité ! Quel est le but réel de la publicité ? Non pas de nous informer mais de faire de l’argent et de faire disparaître les « concurrents »,… ; bien souvent en nous prenant pour des cons…. ; sans oublier que c’est nous qui payons par nos achats….

Nous sommes obligés de constater que la vie économique est elle-aussi organisée sur des rapports de force entre producteurs et consommateurs ; entre producteurs eux-mêmes ; entre fournisseurs et producteurs ; entre grossistes et détaillants ; ,….

La libre-concurrence ou libéralisme économique ne fait qu’instaurer un rapport de force entre tous les acteurs de la sphère de l’économie. Au départ, cela a porté ses fruits ; ce fut un stimulant pour le développement des produits et de la recherche pour l’abaissement des prix. Mais aujourd’hui, c’est une véritable catastrophe ! Voici quelques exemples parmi bien d’autres.

Avez-vous entendu qu’il n’était plus possible de voyager parce que la Sabena avait fait faillite ? D’autres sociétés d’aviation ont eu leurs avions davantage remplis et ont amélioré leur prix de revient. Le résultat, c’est que des centaines de travailleurs vivent dans la déception. Aurait-on pu éviter cela ? Pourquoi créer des entreprises dans le but de faire disparaître l’autre en étant le meilleur ou en lui prenant une part de marché, voire les créneaux les plus rentables ? Que va-t-il se passer lors de la libéralisation de la distribution du courrier ; lors de la libéralisation de l’électricité ?

Voyez le transport par route ! Quelle concurrence génératrice de toute une panoplie de souffrances ! Que d’accidents de roulage actuellement imputables aux camions ! Tout est bon pour être moins cher que le concurrent. Pourquoi, dans tel accident de circulation, le chauffeur a-t-il heurté la barrière coulissante pour ensuite voir son camion se coucher ? Pourquoi ce chauffeur avait-il bloqué son tachygraphe à l’aide d’une épingle ?

Le nombre de faillites de petites entreprises ou de petits indépendants est impressionnant ! Chacun s’installe espérant prendre le travail de l’autre, dans l’utopie d’être le meilleur. Les études de marché devraient être faites en abandonnant la volonté d’écraser l’autre. Cette anarchie conduit à des investissements ruineux que, d’une façon ou d’une autre, le consommateur payera.

Nous avons le choix entre de nombreux produits identiques mais de marques différentes. Cela signifie que des coûts de recherche ont du être consentis dans chaque marque. S’il y avait moins de marques les frais de recherche pourraient se répartir sur un nombre plus grand d’exemplaires et les prix de revient – donc aussi les prix de vente – seraient plus bas ; non seulement nous payons ces frais mais aussi les investissements qui seront abandonnés lors d’une faillite.

Les fabricants d’ordinateurs se font concurrence et génèrent ainsi une nouvelle tour de Babel. Pourquoi des systèmes d’exploitation ou de logiciels différents ? Complexité du travail ou complexité des machines qui doivent s’adapter à plusieurs systèmes.

Les grandes surfaces d’alimentation se multiplient. Savez-vous que des quantités énormes de produits frais sont jetés à la poubelle régulièrement. Heureusement, certains distributeurs – plus sociables – offrent ces produits aux banques alimentaires. D’autres – plus méfiants – cadenassent leurs poubelles ! Dernièrement, un journaliste qui se trouvait dans une banque alimentaire est témoin d’un coup de fil d’une grande surface qui propose 700 Kgs de fromage pour raclette !

Si cette libre-concurrence faisait place à un examen des besoins dans chaque région, on éviterait de tels gaspillages et les prix de vente baisseraient ; car tous ces gaspillages, c’est nous, les clients, qui les payons. Quant aux banques alimentaires, au lieu de recevoir ces produits à la limite de leur fraîcheur, elles pourraient être gracieusement fournies dans un geste de solidarité ; un geste qui en réalité vient moins des sociétés que de leurs clients puisque – dans un cas comme dans l’autre – ce sont les clients qui indirectement paient la facture.

 

L’organisation du travail ?

Ne sont-ce pas encore des rapports de force qui existent entre une direction et le personnel – à tout niveau de la « hiérarchie » ? Les luttes entre collègues pour gagner une promotion. Les relations patronat-syndicats sont aussi des rapports de force.

Combien de décisions sont prises sans concertation préalable !

 

La vie culturelle ?

La vie culturelle n’échappe pas non plus à ces rapports de force ! J’en reparlerai plus loin au chapitre 3 lors de l’étude de l’ensemble de l’organisme sociale

 

La vie juridique ?

Les lois sont souvent élaborées sans tenir compte de l’intérêt général et sans concertation véritable.

Suivant que tu seras petit ou grand, …..

Comme de la vie culturelle, j’en reparlerai au chapitre 3.

 

 

 

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Chapitre 2

Une réflexion sur la vie économique

 

 

Tout ce qui a été dit au §1, personne ne l’ignore. J’ai simplement voulu réactiver notre mémoire avant de nous mettre en recherche des pistes de solutions.

De l’analyse succincte qui vient d’être faite, il se dégage tout naturellement que la violence des rapports de forces devrait faire place aux dialogues, aux échanges, à la concertation. Qu’est-ce qui empêche ce dialogue ? C’est le plaisir du pouvoir ; c’est l’égoïsme outrancier qui fait de l’argent le moteur de la plupart de nos démarches ; tout particulièrement dans l’organisation de la vie économique.

 

La situation actuelle

Comme l’argent est devenu le principal moteur de la vie économique, il en est découlé le principe de la « Libre concurrence ». Certes – ainsi que je l’ai déjà dit – on dira que cette libre concurrence a permis le développement des produits et la chute des prix de revient. C’est vrai et il faut le reconnaître ; il faut remercier ce système.

Mais aujourd’hui, c’est aux partisans de ce système de reconnaître que son temps est fini et qu’il doit se métamorphoser. Le véritable moteur régulateur de l’économie, c’est de l’organiser en fonction des besoins et de considérer l’argent comme un simple moyen d’échange et absolument pas de profit ; c’est un crime contre l’humanité que de vivre de spéculations !

Je voudrais faire remarquer ici que le fondateur du libéralisme « Adam Smith », un penseur brillant du 18ème siècle, avait bien dit que la somme des intérêts particuliers conduisaient à l’intérêt général mais il avait dit aussi – et ceci, on ne veut pas le voir – que dès que l’intérêt général souffre, les intérêts particuliers n’ont plus leur raison d’être. Puisse l’Europe libérale le reconnaître et s’adapter : qu’elle mette fin à ce libéralisme devenu fou et qu’elle ne répande pas ce libéralisme destructeur dans les pays en voie de développement où il commence déjà dans certaines régions à faire ses ravages (mafia, misère des sans-travail, …)

Le libre échange entre ces pays et les pays développés est une aberration ; comme le dit en substance un prix Nobel : « Si vous demandez à des radeaux d’aller dans une mer agitée pour concurrencer les paquebots, fatalement ils ne feront pas long feu ».

Mais alors comment organiser la vie économique en fonction des besoins ?

 

Que faire à l’avenir ?

Il ne s’agit pas ici d’entrer dans le détail d’une organisation industrielle ; j’évoquerai simplement quelques idées de base en tant que fil conducteur pour une réflexion. Chaque entreprise a ses spécificités et c’est à chacune de découvrir comment s’organiser sur des bases saines. Qu’est-ce que des bases saines ? Ce sont des bases qui entrent en harmonie avec notre nature humaine ; donc, des bases qui rendent chacun satisfait qu’il soit producteur, consommateur ou autre acteur de la vie économique.

 

A. La première étape à franchir dans la sphère économique, c’est de découvrir sainement la nature des besoins. C’est l’ « aspect culturel » de la sphère économique.

Ce sont tous les acteurs de la vie économique qui sont ici concernés. Ces acteurs seront regroupés par région ou par pays avec des connexions entre eux pour éviter les surproductions ou les sous-productions et pour, de ce fait, examiner les questions d’importation-exportation qui sont exclusivement de leur ressort et jamais, en aucun cas, de l’Etat.

Ces acteurs sont les consommateurs, les chercheurs, les banques, les producteurs, les distributeurs, les personnes qui veillent sur le développement industriel des régions.

Nous appellerons ce groupe d’acteurs : le « groupe économique régional ».

Prenons un exemple ; prenons-le dans un pays en voie de développement ; ce sera plus facile parce que moins complexe.

Nous sommes donc dans une région où sont réunis des acteurs de la vie économique afin de décider des besoins et des ateliers à construire pour les satisfaire.

Les trois grands aspects de la vie sociale viennent à nous :

un aspect culturel.

Chacun a ses opinions ; chacun peut exprimer ses opinions en toute liberté mais ne peut l’imposer à autrui. Un participant – à qui il a été donné de voyager en Amérique – a trouvé bien bonne la boisson Coca-cola ; c’est pourquoi il demande que l’on installe une usine de Coca-cola ; un autre agira de même au sujet d’une bonne bière belge ; un autre dira qu’il voudrait qu’une boulangerie soit installée car le boulanger actuel ne parvient pas à servir tout le monde.

un aspect juridique.

Chacun a le droit de recevoir pleine attention à ses opinions ; personne ne peut refuser de prendre en examen l’avis d’autrui. Tous les êtres sont égaux et ont le droit d’être entendu.

un aspect mise en œuvre ou économique proprement dit.

C’est dans un climat où chacun prend en considération ce que chacun a émis comme désir qu’un échange aura lieu afin de découvrir les besoins de première nécessité du plus grand nombre. La décision est ainsi prise dans un sentiment de grande solidarité. Il ne pourra être envisagé de fabriquer du Coca-Cola au détriment du pain.

Nous constatons que cette décision est une question qui concerne en premier lieu les intérêts des consommateurs ; ce sont eux qui sont en première ligne.

Nous pouvons dire que cette première décision relève de la sphère de l’éthique, de la sphère culturelle. Nous constatons que c’est une sphère où règne avant tout une exigence de liberté.

Une fois la décision prise, elle est prise en charge lors d’une seconde étape dans la sphère économique ; c’est la sphère économique proprement dite : la sphère de la production.

*

Cet exemple est un peu simpliste ; avec un peu d’imagination, nous pourrions découvrir que ce processus, mis en application dans nos pays développés, éviterait bien des dérives désastreuses comme par exemple, la création d’entreprises ou de commerces en surnombre appelés à la faillite ou en entraînant d’autres à la faillite.

*

Nous avons vu apparaître ici une prise de décision en trois étapes que nous appellerons : « Processus ternaire de réalisation ». C’est une loi universelle inhérente à toute réalisation qui a la volonté de respecter les aspirations fondamentales de l’être humain.

 

Processus ternaire de réalisation

Sensibilité et Ecoute

(Âme de sensibilité)

Chacun exprime son opinion

Liberté

Intelligence du cœur

(Âme de cœur et de raison)

Chacun élabore en concertation

Egalité

Volonté et Conscience

(Âme de conscience)

Chacun met en application

Fraternité

 

 

 

B. La deuxième étape à franchir dans la sphère économique : c’est l’exécution de la décision prise lors de la première étape ; c’est l’étape de la production ; c’est l’étape proprement dite de la sphère économique.

La création d’une entreprise, d’un commerce, d’une distribution,… ne pourrait être entreprise qu’après une décision prise dans les conditions qui viennent d’être examinées.

Il est à remarquer qu’il s’agit d’une décision prise par les acteurs de la vie économique ; il ne s’agit pas d’une décision prise par un organisme d’état comme cela se pratiquait dans les pays de l’Est avant la chute du rideau de fer. La régulation vient des personnes directement concernées et non d’une autorité extérieure à la vie économique. Elle vient de l’aspect culturel de la sphère économique (première étape).

En ces matières, le rôle de l’Etat se ramène à établir une loi pour amener la vie économique à s’organiser ainsi. Il veillera sur son application ; les tribunaux seront seuls juges en cas de dérapage.

Donc, une fois la décision prise, les acteurs concernés de la Vie économique se mettent à l’ouvrage. Nous verrons plus loin ce qu’il en est de la circulation de l’argent.

La direction et le personnel de l’entreprise (= conseil d’administration), qui a pris en charge la production, se sent solidaire de la décision prise.

Il va prendre des décisions sur la réalisation des ateliers, bureaux, locaux divers, etc…. ; pour ce faire, le même processus de décisions en trois étapes (Processus ternaire de réalisation)  se met en place.

Exemple :

aspect culturel.

Le « brain-storming » ou « remue-ménage-des-cerveaux » déjà bien connu dans certains milieux industriels sera d’application afin de découvrir le « comment faire ». Climat de Liberté d’expression.

aspect juridique.

Chacun sera écouté attentivement. Tous les êtres sont égaux et ont le droit d’être entendu. Les méthodes d’analyse des problèmes seront respectées par tous.

aspect mise en œuvre ou aspect économique proprement dit ;

Prise de décision. Une fois les décisions prises chaque membre du personnel – la direction et tous les travailleurs – se sent solidaire avec tous et ne peut rien modifier sans l’accord du Conseil d’administration.

Il est évident que des cellules spécialisées devront effectuer certains travaux particuliers ; comme par exemple étude d’une nouvelle machine de production, organisation d’un secteur de la production, etc…. ; dans toutes ces cellules, le processus ternaire de réalisation comme décrit ci-dessus s’imposera toujours.

Nous sommes ici dans la sphère économique proprement dite. La solidarité ou fraternité la régit en toutes circonstances. Ainsi, par exemple, il n’y a aucune raison entre producteurs de régions différentes de se cacher des « astuces » ou « secrets » de fabrication. On n’est pas des concurrents ; on est solidaires pour assurer les meilleurs produits au moindre prix. Des associations de producteurs seront mises en place afin de partager ainsi leurs expériences ; de même en ce qui concerne la recherche scientifique. L’idée de concurrence disparaît dans tous les organes de la vie économique ! Seul importe le désir de toujours faire mieux pour honorer le consommateur en fonction de ses désirs ! Fini la fabrication de gadgets inutiles !

 

C. La troisième étape à franchir dans la sphère économique : c’est de décider d’une organisation du travail ; c’est l’« aspect  juridique » au sein de la vie économique.

Après les deux premières décisions ( l’une à l’aspect culturel, l’autre à l’aspect de production), il reste encore à mettre en place les règles de fonctionnement de l’entreprise c-à-d les règles pour « vivre ensemble » dans cette sphère de production.

De nouveau le processus ternaire de réalisation sera d’application.

C’est une mission qui peut revenir au Conseil d’administration qui coiffe, à ce moment, la casquette du Juridique.

C’est le lieu des décisions concernant l’horaire de travail, le mode de relations entre les acteurs fabricants, tout ce qui concerne les « liens » entre tous les membres du personnel de l’entreprise,…

Ici, dans cette sphère juridique, c’est le principe d’égalité qui fonctionne en maître. « Tous égaux pour élaborer la Loi et tous égaux devant la Loi adoptée ». Il ne s’agit pas d’une loi contraignante puisqu’elle a été élaborée et adoptée par le personnel lui-même. Le conseil, d’administration en quittant sa casquette économique pour prendre celle du juridique doit, de ce fait, abandonner le principe de solidarité pour adopter celui de l’égalité. C’est une distinction qui, en entreprise, peut paraître très subtile ; l’expérience confirmera cette nécessité car au sein de cet aspect juridique, surgit de nouveau le principe du processus ternaire de réalisation où la liberté, l’égalité et la fraternité ont chacune leur place.

 

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Chapitre 3

Quelques grands principes

pour le fonctionnement de l’organisme social.

 

 

Sur base des réflexions qui viennent d’être faite lors de l’analyse de la Vie économique, nous allons dégager quelques grands principes pour organiser sainement notre vie sociale en toute circonstance qu’elle soit culturelle, économique ou juridique.

 

 

L’« organisme social », c’est l’ensemble de l’humanité ; c’est aussi l’ensemble des activités des êtres humains dans une ville, une région, un pays ou un continent ou le monde entier.

 

La vie de tout être humain présente trois grandes caractéristiques ou trois grandes exigences propres à sa nature :

- la vie culturelle ; chaque être humain ressent le besoin de pouvoir s’exprimer librement sur les réponses qu’il se donne à la question fondamentale qu’il se pose : « Homme, qui suis-je ? »

- la vie économique ; chacun se sent solidaire dans la production de biens nécessaires à la satisfaction des besoins afin que tous puissent vivre comme ils le souhaitent.

- la vie juridique ; chacun ressent ou constate qu’il ne peut vivre en société que si, avec tous, il s’accorde lors de l’élaboration des règles de vie ( = lois dont la racine latine veut dire « liens » ; liens entre des personnes qui vivent ensemble.)

 

Nous découvrons ainsi un organisme social qui comprend trois organes de base :

- un organe culturel où chacun de nous désire pouvoir exprimer librement ses opinions, (activité du penser – liberté)

- un organe juridique qui élabore les lois afin que chacun se sente respecté et écouté, (activité d’accueillir – égalité)

- un organe économique qui pourvoie aux besoins de « consommation » afin que chacun puisse accomplir l’évolution qu’il veut faire. (activité du vouloir - fraternité)

 

Il est clair que l’organisme et chacun de ses organes peuvent être multiples au niveau de l’humanité. Comme nous pourrons le constater – en conséquence de l’étude qui va être faite –, il sera nécessaire que des liens fraternels (solidaires) existent entre tous.

Ces trois organes sont des entités libres et indépendantes ; aucun des trois n’a de pouvoir sur l’autre ; cependant, ils sont appelés à s’harmoniser. Trois en Un ou Un en Trois. (voir fig7 : art celtique)

Le tableau suivant donne un aperçu de ces réalités :

SPHERE

CULTURELLE

Activité du

"penser"

Que penser sur le sens de la Vie ?

Chacun a ses opinions et peut en faire part. (penser)

LIBERTE

Chacun est écouté. (accueillir)

Egalité

Chacun « prend » d’autrui ce qu’il peut et se comporte en respectant les opinions de tous. (vouloir)

Fraternité

 

 

 

 

 

SPHERE

JURIDIQUE

Activité d'

"accueillir"

 

Comment vivre ensemble ?

Chacun est consulté pour donner son avis (corps électoral)(penser)

Liberté

Elaboration des Lois (législatif). Tous égaux dans l’élaboration et le respect de la Loi. (accueillir)

EGALITE

Application des lois (exécutif) (vouloir)

Fraternité

 

 

 

 

 

 

 

SPHERE

ECONOMIQUE

Activité du

"vouloir"

 

Comment satisfaire nos besoins?

Chacun donne son avis sur la nauture des besoins. (penser) Liberté
Chacun est écouté. Elaboration des décisions techniques et sociales (conventions) (accueillir) Egalité
Chacun se sent solidaire de la décision prise de commun accord (vouloir) FRATERNITE

 

 

En bref :

Sphère culturelle

Libre activité de la pensée

(à rapporcher de la sphère neuro-sensorielle

de l'être humain)

 

LIBERTE

Sphère juridique

Tous égaux dans l'élaboration et le respect des lois

(à rapprocher de la sphère rythmique coeur-poumon

de l'être humain)

EGALITE

Sphère économique

Tous solidaires dans les besoins.

(à rapprocher de la sphère du métabolisme et des membres

de l'être humain)

FRATERNITE

 

On s'aperçoit que

l'organisme social tend à se modeler

sur l'organisme de l'être humain.

 

 

 

*

 

Nous allons examiner de plus près

chacun des organes de l’organisme social.

 

 

 

L'organe culturel

ou la vie culturelle

Que penser sur le sens de la vie?

 

 

Nous commençons par cet organe parce que ni l’organe économique ni l’organe juridique ne peut se mettre en place si, au préalable, les fruits du travail culturel n’ont pas été amenés à maturité.

Par ailleurs, nous avons déjà constaté que tout travail économique et juridique commence par une activité culturelle ; il nous revient donc d’en rechercher les lois de fonctionnement.

 

 

La sphère culturelle, c’est la sphère de l’esprit ; la sphère des penseurs, des philosophes, des artistes, des théologiens, des chercheurs scientifiques, de chercheurs de « know-how » industriels, de chaque être humain, dans leurs recherches de sens, de beauté, de vérité, de justice.

Certes, dans cette sphère – comme dans toute situation humaine – il y aura des divergences ; ces divergences peuvent être source de rapports de forces.

Heureusement, l’humanité évolue. Comme je le rappelais en commençant cette lettre, l’humanité a connu :

- une époque de rapports de force qui se terminaient par des guerres,

- une époque où le Bouddhisme l’a sensibilisée à la compassion,

- une époque où le christianisme – du moins son fondateur – l’a invitée à ne pas faire à autrui ce que l’on ne voudrait pas que l’on fasse à soi-même et à se mettre à l’écoute les uns des autres ; il nous a invité au pardon.

Nous constatons, d’une époque à l’autre, une progression davantage dans la sphère de la pensée, de la parole que dans la sphère des actes. La construction de l’Europe commence à éliminer les guerres entre les nations européennes ; mais il y a encore beaucoup à faire pour que les divergences culturelles et économiques ne créent plus de rapports de force.

Aujourd’hui, les événements ne nous invitent-ils pas à entrer résolument dans la sphère des actes ? L’analyse de ce qui se passe dans notre humanité – sur toute la surface de la terre – ne laisse aucun doute. Nous entrons dans une époque où les inévitables rapports de force ou divergences de vue nous amènent à prendre conscience qu’ils doivent se métamorphoser en « échanges » ou « dialogues ».

Et comment cette métamorphose sera-t-elle possible ? Par les forces de « l’amour d’autrui comme de soi-même ». Par ces forces à laquelle l’impulsion chrétienne nous rend sensibles. Cette force de métamorphose peut être représentée par une lemniscate :

 

 

haut : divergences dans le penser; liberté de l'exprimer.

centre : forces d'amour; égalité dans l'écoute et l'accueil.

bas : traitement des données; fraternité dans le travail

 

La lemniscate est une figure géométrique dans l’espace ; on peut imaginer un ruban plat tordu en forme de huit dans l’espace. Elle est l’image qui fait le mieux comprendre qu’une force de retournement est nécessaire pour effectuer la torsion, donc pour passer du bas vers le haut et du haut vers le bas. Elle représente un chemin que l’on peut appeler : « Un chemin en forme de lemniscate ».

On peut donc dire que la « Lemniscate » c'est le chemin parcouru par l'âme lors de tout retournement afin de passer de l'ancien au nouveau. La force du retournement a toujours sa source dans l'amour. 

Dans le cas présent, il s’agit d’avoir la force nécessaire pour passer des « idées-divergentes-qui-opposent » à une « concertation-par-le dialogue-qui-rassemble ». Cette force, c’est l’accueil ou force d’amour-d’autrui-comme-de soi-même, force d’écoute.

*

Comment ces forces d’amour peuvent-elles agir concrètement ? Comment ces forces du cœur vont-elles amener les divergences à se métamorphoser en communion ?

Toute rencontre avec autrui crée une dualité. Déjà, dans les anciens centres de Mystères où l’homme voulait renouer avec ses « origines divines », une rencontre fructueuse présentait quatre aspects ; le chemin parcouru depuis lors nous permet aujourd’hui de caractériser les rencontres comme suit :

 
  • La Transparence de ce que « Je suis ». Il s’agit ici de « me livrer » ; de me montrer tel que je « suis » dans mes pensées, mes sentiments, mes actes. (témoignage donné en offrande)

  • L’Accueil de cette transparence ; « lui s’est livré » dans ce qu’ « il est » : il me donne sa substance de vie ; « moi, je me livre » pour recevoir cette substance de vie. Un tel accueil exige de moi de pouvoir vivre dans l’absence de préjugés, de lois de vie dictées de l’extérieur, de dogmes, de tabous ; de vivre en étant moi-même. (témoignage reçu en offrande)

  • Le discernement afin de découvrir les substances que je veux intégrer. Suis-je à même de « manger » ce don, de le digérer ? Ce don résonne-t-il en moi ? Me sentirai-je moi-même si je l’intègre en moi ? Devant ces dons d’autrui, je m’en réfère à ma seule loi intérieure. (transsubstantiation)

  • L’intégration en moi de ces substances, en tout ou en partie suivant ce qu’en pleine conscience et liberté j’ai estimé devoir intégrer : la communauté se forme. (communion)

 

 

 

Ce processus n'est évidemment pas à sens unique.µµ

    

Que nous soyons dans un groupe de recherche à caractère culturel, juridique ou économique, les échanges demandent à se dérouler ainsi afin d’aboutir à une décision qui donne satisfaction à chacun.

Cependant, cela ne sera possible que :

- si chacun abandonne ses préjugés, ses tabous, ses lois extérieures,

- si chacun est capable de s’en référer à sa loi intérieure.

Il faut bien reconnaître que cette référence à une loi intérieure est actuellement une énigme pour beaucoup. A l’école d’Athènes, au 4ème siècle avant notre ère, Socrate disait déjà : « Si tu désires connaître les vérités sur l’ordonnance du monde, tourne ton âme vers ton « être » intérieur ; il te révélera ces vérités sous forme de pensées. »

Le grand problème en matière culturelle est bien là ! Comment arriver à un consensus face à des opinions aussi divergentes que celles que nous rencontrons aujourd’hui dans les systèmes religieux ou philosophiques : extrémistes, fondamentalistes, modérés…. ? Je ne parlerai pas des « philosophies modernes » car il n’y en a plus ! Il n’y a plus que des philosophes en recherche n’ayant rien de vraiment novateur à proposer. Il n’y a plus de grands penseurs comme ceux qui ont générer le libéralisme, le socialisme ou le communisme ; ces penseurs ont parlé pour leur temps ; déjà de leur temps, ils ont été mal compris et aujourd’hui, ils ne peuvent être que des points de départ pour notre réflexion conduisant à de nouvelles structures. Où est l’opinion juste qui générera un consensus ?

Seule la faculté d’introspection dont parle Socrate peut nous guider vers cette découverte. Hélas ! cette faculté est généralement dénaturée, voire complètement occultée à la conscience, par les intérêts personnels et le développement technologique. Nous ne pouvons développer en nous cette faculté que par une discipline personnelle d’objectivité ayant sa source essentiellement dans le « lâcher-prise » sous toutes ses formes ; et par une volonté de se mettre à l’écoute les uns des autres.

Oui, il n’y a plus de grands penseurs aujourd’hui ! Il n’y en aura plus actuellement ! Il ne doit plus y en avoir car la parole est à TOUS ; c’est cela la vraie démocratie. La « Société civile » est un commencement de l’expression de cette parole de tous. C’est d’elle et par elle que viendront les impulsions salvatrices pour autant que ses acteurs prennent conscience de « ce qu’ils sont » en tant qu’être humain ; pour autant aussi – ceci découle de la conscience de ce « ce qu’ils sont » – que ses acteurs se comportent comme dit ci-dessus : en respectant les quatre aspects de toute rencontre.

Les acteurs de cette Société civile sont à l’écoute de cet « être » intérieur dont parlait Socrate ; ce qui ne veut pas dire qu’ils en sont toujours conscients. Au cours de l’évolution générale de l’humanité, cet « être » intérieur est devenu la « Voix de la conscience ». Et qui est cette Voix de la conscience ? C’est le fruit acquis par chacun au cours de ses vies successives, celle-ci y compris. Que ceux d’entre vous, qui ne croient pas aux vies successives, veuillent bien m’excuser ; je ne peux parler qu’en écoutant la Voix de ma conscience ! sans quoi, je ne ferais pas ce que je vous dis et je me considérerais comme malhonnête vis à vis de vous…

L’heure est venue – ici en Occident – de prendre conscience de cette grande réalité de la vie ; nous allons de vie en vie pour atteindre un jour une résurrection, une perfection qui n’a que le mot « divine » pour se qualifier. L’être humain participe personnellement et librement à son évolution individuelle et sociale ; il est membre – à part entière – de cette intelligence cosmique qui gouverne l’Univers ; les faits nous le font bien comprendre aujourd’hui. Pour ce faire, il acquière des facultés nouvelles qui le mettent en relation intime et consciente avec cette intelligence cosmique ; c’est ce que pressentait Socrate quand il tournait son âme vers son être intérieur ; cet être, c’est la parcelle d’intelligence cosmique en nous qui attend que nous l’éveillions.

C’est en arrivant à la certitude intérieure de ces réalités que je me suis donné cet « humanisme » dont j’ai parlé au début. Quand on parvient à accepter ces réalités, le comportement change et les forces d’amour nécessaires au retournement commencent à nous animer.

Nous nous acheminons, progressivement et lentement, vers un temps où la connaissance de la vraie nature profonde de l’être humain aura la force des vérités mathématiques actuelles.

Si vous n’adhérez pas à cette conception de la vie, mettez-là en attente dans votre dossier de recherche « vies successives » et vous verrez bien plus tard au cours de vos observations de la vie quotidienne ; que de choses s’expliquent par cette conception de la nature humaine … ! En attendant, pourquoi ne seriez-vous pas davantage attentifs à découvrir la Voix de la Conscience en ne vous laissant pas étouffer par la Vie quotidienne ? Voici un truc ! Nous disons souvent que la nuit porte conseil. Nous avons mille fois raison car, la nuit, nous travaillons beaucoup à la résolution de nos problèmes en collaboration avec ceux qui sont aussi concernés ; mais nous n’en avons pas conscience (afin que nous puissions exercer pleinement notre liberté en toute conscience éveillée !) ; cependant, le matin au moment où nous « rentrons dans notre corps », si nous sommes bien attentifs et repensons à nos problèmes, une idée jaillira ; c’est une question d’habitude… Mais attention ! ne nous laissons pas piéger ! exerçons pleinement notre capacité de discernement. Ce n’est pas le seul moment où la Voix de la conscience peut s’exprimer ; elle s’exprime lorsque nous savons lâcher prise lors de l’étude d’un problème…. ; lorsque etc, etc,…

Dans ses mémoires, Einstein nous dit que l'idée nouvelle venait vers lui quand, au cours de son travail de recherche, il ne savait plus que penser. Il allait vers une sorte d'abandon; ce moment où il ne savait plus que faire, c'était un moment de lâcher-prise. Notre capacité de raisonnement est devenue une merveille ; mais pour donner des fruits justes, elle doit pouvoir disposer de toutes les données nécessaires et notamment de ces données plus subtiles qu'elle ne peut découvrir elle-même; ces données viennent « d'ailleurs » dans le lâcher-prise; elles nous viennent quand nous laissons l'« objet » observé nous dire ce qu'il est.

Puissent tous les acteurs de la Société civile prendre conscience de l’origine de ce qui les anime ! Ils n’en seront que plus forts !

Je reviens sur les quatre aspects de la rencontre fructueuse. Si vous voulez un exemple, il vous suffit de regarder un débat télévisé entre hommes politiques ; vous aurez vite compris qu’ils vous montrent comment il ne faut pas faire ! Qu’ils veuillent bien m’excuser ! Espérons qu’un jour ils comprendront; espérons qu’un jour nous pourrons mieux chosir nos représentants. S’ils pouvaient déjà comprendre que, lorsqu’ils parlent tous en même temps, le spectateur-auditeur n’entend plus que du bruit….

Dans les années qui viennent, la Voix de la conscience sera de plus en plus l’expression des opinions qui pourront aboutir à des consensus fructueux.

Pour ouvrir et développer ce chemin qui conduit à la Voix de la conscience, il est utile de rencontrer ceux qui y ont accès et qui, entre eux, ont déjà fait de la recherche.

Les institutions culturelles en matière de religion et de philosophie ont tendance à disparaître. Ne nous lamentons pas ! Réjouissons-nous au contraire car c’est ainsi que la Voix de la Conscience pourra s’exprimer en toute liberté. Je ne suis pas un iconoclaste des institutions religieuses ou philosophiques mais je constate qu’il doit en être progressivement ainsi afin que la Liberté trouve sa place.

*

Les travaux culturels ne comprennent pas uniquement la recherche philosophique ou religieuse ; je l’ai dit au début de ce chapitre. Ils comprennent aussi tous les travaux scientifiques. Aujourd’hui, les travaux scientifiques sont entrés dans le domaine de la biologie et se penchent sur des recherches qui touchent à, la constitution des êtres vivants (embryons, graines végétales,…). Des questions d’éthique surgissent. Comment y répondre sans la connaissance de la « substance-d’intelligence-cosmique » qui anime un être vivant ? Le microscope ne suffit plus, si puissant soit-il ! L’analyse nucléaire ne suffit pas davantage ! Seul le développement d’une nouvelle faculté va le permettre ; il s’agit de la faculté de laisser le « vivant nous parler de ce qu’il est ».

Ce n’est pas à nous de dire à une graine ce qu’elle est, c’est à elle à nous le dire ! Vous allez me prendre pour un fou, un utopiste…. ! Dans ma vie de jeune ingénieur industriel dans l’industrie du verre où j’étais responsable d’une fabrication, j’eus un jour la visite d’un vieil ingénieur d’une société amie qui avait rencontré certains problèmes lors de l’utilisation de notre double vitrage. J’entends encore cet homme riche d’expériences me dire dans mon bureau : « Venez, nous allons aller dans l’atelier voir ce que le verre va nous dire ! » Quelle sagesse ! C’était ainsi que je travaillais ; aussi ces paroles m’enthousiasmèrent. Cependant, il faut que je vous dise que je n’étais pas conscient que je travaillais ainsi ! Aussi, je peux témoigner que la prise de conscience génère une force multiplicatrice incommensurable…. C’est pourquoi, je forme le vœu que la Société Civile prenne conscience de la source de ses inspirations et qu’elle travaille à la bien connaître !

Pour entendre le vivant nous parler, nous avons besoin d’autres facultés que celles qui nous permettent d’entendre le verre nous parler !

Si je veux modifier génétiquement la graine, il est nécessaire qu’elle me dise ce qu’elle en pense ! Il est absolument indispensable que la « substance-d’intelligence-cosmique » qui vit en elle me dise ce qu’il adviendra de l’être qui s’en nourrira !

Comment se mettre à une telle écoute ? En acquérant une faculté qui commence à se développer dans notre humanité. Comment l’acquérir ? En côtoyant ceux qui se sont mis résolument en chemin pour l’acquérir. C’est le même chemin que celui qui conduit à la découverte de l’Intelligence cosmique à l’œuvre dans la nature et le cosmos. Mais en toutes circonstances, veillons à exercer notre faculté de discernement afin de ne pas nous faire piéger !

Je terminerai ici l’examen de la Vie culturelle.

 

 

L'organe économique

ou la vie économique

Comment satisfaire nos besoins?

 

 

Au chapitre 2, j’ai examiné la vie économique dans son fonctionnement actuel et j’ai recherché comment l’améliorer. C’est au cours de cette recherche que se sont dégagés les grands principes de cet « organisme social triarticulé » que je suis en train de décrire dans ce §3.

Il n’est donc plus nécessaire que je revienne sur cette étude de la vie économique.

Je dirai avec d’autres mots ce que la vie économique exige de nous. En première urgence, elle exige que son moteur ne soit plus l’argent mais l’amour vrai entre tous les êtres humains.

Sagesse des sagesses  :

Sagesse des Sagesses : 

« Aimer autrui comme je m’aime ! »

 

 

Gageons qu’Adam Smith, père du libéralisme, dirait la même chose lui qui – comme je l’ai dit – voulait que les intérêts particuliers cessent dès que l’intérêt général était mis à mal !

Ceux qui portent le libéralisme économique actuel de par le monde sont aveugles ; parmi eux, il y en a même qui croient pouvoir concilier harmonieusement le libéralisme économique et le social : ou bien ils nous prennent pour des « sots » ou bien ils sont vraiment aveugles ; qu’ils me pardonnent de parler ainsi mais je ne peux dire que ce qui est ma vérité. S’ils peuvent me prouver que je me trompe, je serais heureux de les entendre.

*

et l’argent ?

Je ne peux cependant pas terminer cette réflexion sur l’organe économique sans faire une recherche sur l’argent.

Il y a quelques années – c’était au moment où, ici en Belgique, le gouvernement arc-en-ciel se mettait en place – j’étais en vacances pour quelques jours dans nos Ardennes et voici que surgit en moi cette question : « Qu’adviendrait-il si, dans tous nos commerces, tout était gratuit ? Qu’adviendrait-il si chacun pouvait, sans bourse délier, prélever ce dont il a besoin ? Pourquoi cet argent ? »

Ma réflexion commença !

Je voyagerais en train ou en bus sans rien payer. De même, je remplirais mon réservoir d’essence ou du gasoil. Est-ce pour autant que j’exagèrerais ? Si je me mettais à rouler en train toute la journée, j’en serais vite fatigué ; et même si c’était le cas tout le monde ne ferait pas ainsi.

J’entrerais dans une grande surface et je prendrais toutes les bouteilles d’alcool que je voudrais pour satisfaire ma soif. Je ne parle pas pour moi car cela ne me tente pas mais peut-être y en aurait-il qui le serait ! Dans ce cas, il faudrait devoir payer pour modérer les appétits ! Mais alors, il faudrait instaurer une sorte d’allocation universelle pour les « produits pouvant nuire à la santé » ; oui ! mais consommer trop de nourriture saine rend aussi malade ! Alors la solution, c’est que tout reste gratuit : après les abus, tout le monde deviendrait sage ? Pas si sûr !

Un tel système exigerait que chacun se mette au travail sans rémunération dans un esprit de solidarité. Chacun pourrait se dire assez rapidement : « J’ai conscience que si personne ne travaille, je n’aurai rien à me mettre sous la dent ; conclusion : tout le monde, moi y compris, doit travailler. » Belle solidarité !

Je vous laisse le soin de continuer ou de parfaire cette rêverie ! Peut-être vous apercevriez-vous qu’au fond ce ne serait pas si bête ! Pas si bête à condition que chacun « se range » dans une sagesse qui ne circule pas encore dans nos cœurs !

En attendant que vienne cette sagesse, que faire !?

Que fait le sang dans notre organisme ? Il puise les substances nutritives par le métabolisme pour ensuite les distribuer là où elles régénéreront nos cellules ; et il enlève de celles-ci ce qui est usagé. Le sang fait donc circuler les substances et ainsi les usagées font place aux nouvelles. Jamais, il ne s’accumule nulle part ; s’il le faisait, il y aurait des problèmes ! C’est le porteur de la vie….

L’argent n’est-il pas lui aussi un véhicule qui va de la production à la consommation et de la consommation à la production ? A-t-il une raison de s’accumuler de faire un « arrêt » dans les banques avant d’être redistribué aux producteurs ?

Un « arrêt » ne veut pas dire qu’il y stagne mais qu’il y passe (très souvent sous forme virtuelle) pour être manipulé à des fins autres que pour l’investissement direct dans les moyens de production. C’est un passage spéculatif qui n’est d’aucune utilité pour la vie économique. Le système des actions cotées en Bourse est un crime contre la vie économique ; il ne la sert absolument en rien ; au contraire, il la dessert. Le système des obligations est moins mauvais. Seul me paraît correct le système de prêt sans intérêt.

Celui qui a trop d’argent peut le prêter en attendant d’en avoir besoin ; ainsi le compte d’épargne sans intérêt me paraît être le système le plus sain : « une pomme pour la soif » comme dit le dicton populaire.

Le bénéfice généré par la vente des produits devrait être versé dans un pot commun dans lequel toutes les entreprises pourraient puiser pour se créer ou pour effectuer de nouveaux investissements. L’entreprise serait autorisée à puiser après avoir reçu l’accord du « groupe économique régional » (voir § 2 ). La marge bénéficiaire sur les ventes de produits devrait être calculée en fonction des besoins d’investissements demandés par le groupe économique régional.

Par ailleurs, il serait utile de veiller à donner l’accès gratuit à de plus en plus de services comme les transports, les hôpitaux, les avocats, les assurances, les médias,… jusqu’à ce qu’un jour la fraternité soit telle que … . Certes, les rémunérations seraient de moins en moins élevées et on vivrait dans un système : « Plus de taxes, plus de services gratuits, plus de fraternité ! »…, pour autant que tous les pays fassent de même. Les tribunaux ne seraient plus là pour les voleurs mais pour les abuseurs notoires ou ceux qui ne veulent pas travailler ; en prison, les prisonniers seraient éduqués et nourris… gratuitement comme c’est déjà le cas ! Ce paragraphe est écrit avec une sorte de naïveté ; il pourrait, cependant nourrir la réflexion à l’écoute de la Voix de la Conscience… pour découvrir des idées de fonctionnement plus social. Car en fait, celui qui gagne beaucoup d’argent aujourd’hui ne gagne-t-il pas cet argent dans une sorte de vol admis par tous ? et s’il est généreux, il fait des dons, peut-être pour se donner bonne conscience. Et si chacun se donnait bonne conscience en acceptant un premier pas : « Plus de taxes, plus de services gratuits, plus de fraternité » ???

Quand je dis plus de « services gratuits », je ne dis pas « plus d’entreprises publiques » ; l’Etat n’a pas à créer ou entretenir des entreprises ; je vais en parler. Il s’agit de « services gratuits » mis en place par un organe économique comme décrit ci-dessus.

 

 

L'organe juridique

ou la vie juridique

Comment vivre ensemble?

 

 

L’organe juridique, c’est la mission de l’Etat.

Nous choisirons nos représentants sur des listes d’hommes compétents. La notion de parti aura de moins en moins de sens. Le sens du clivage gauche/droite devient flou. Ne serait-ce pas simplement dans une liste d’hommes compétents connus pour leur intelligence du cœur que nous devrions choisir nos représentants ?

Hommes compétents pour quoi faire ?

Pour réfléchir sur le moyen le meilleur pour que les citoyens d’une ville, d’une région, d’un pays, d’un continent, du monde puissent vivre ensemble. Quels sont les liens à créer pour que les êtres humains puissent vivre ensemble harmonieusement ? Créer des liens, c’est élaborer des Lois.

Ici encore, il devient indispensable que les citoyens expriment leurs opinions lors de l’élaboration de la loi. Chaque citoyen doit avoir la possibilité d’exprimer ses opinions en toute liberté comme expliqué plus haut lors de la présentation de l’organe culturel. Il faudra donc veiller à ce que tout citoyen reçoive, à l’école, une bonne information sur les réalités de la nature humaine… ; et qu’ensuite, il continue, au sein des organes culturels, à réfléchir sur cette question. C’est sur base du travail au sein de ces organes culturels que le citoyen se forgera ses opinions en toute liberté. Plus nous avancerons dans l’évolution, plus les concertations seront aisées car les vérités sur la nature humaine profonde apparaîtront de plus en plus comme des vérités mathématiques ; ce sera sur ces vérités – qui déjà commencent à se manifester par la Voix de la Conscience (voir plus haut) – que nous nous appuierons pour élaborer nos lois avec nos représentants d’Etat.

L’Etat n’aura aucun pouvoir sur l’Organe Culturel ni sur l’Organe Economique ; son seul pouvoir, c’est de veiller à ce que la Vie circule entre les deux en pleine harmonie ; c’est pourquoi, il mettra en place des Tribunaux sur lesquels il n’aura pas pouvoir.

L’organe juridique s’articulera lui-aussi en trois sous-organes :

- un organe culturel où chaque citoyen pourra exprimer ses opinions en matière de lois,

- un organe législatif qui, en accord avec les citoyens, élaborera les Lois,

- un organe exécutif qui veillera à l’application des Lois.

Dans ce dernier, il y aura de nouveau trois institutions indépendantes mais étroitement liées entre elles :

- le dépôt des lois (une sorte de « patrimoine » ; c’est le domaine culturel de l’organe exécutif,

- la Police chargée de vérifier l’application des Lois,

- les Tribunaux chargés de régler les différents entre les citoyens à la suite du non-respect des Lois.

Tout ce qui vient d’être décrit n’est pas exhaustif ; l’art sera de toujours s’inscrire dans toute situation en prenant en considération les trois aspects de toute institution si petite ou si grande soit-elle ; il y a toujours un aspect culturel, un aspect juridique et un aspect productif ; le premier exigeant la liberté, le second l’égalité et le troisième la fraternité.

Ainsi, dans cette vie de l’Etat que nous venons de survoler, il n’est pas difficile de concevoir qu’un bureau de police fonctionnera harmonieusement s’il est organisé en prenant ces trois aspects en considération.

*

Ce jour, alors que je travaille à la rédaction de cette lettre, le gouvernement belge réunit une table ronde « Mieux vivre ensemble » regroupant tous les représentants philosophiques, religieux et sociaux du pays . A la lumière de cette lettre, comment interpréter cette initiative ?

Cette table ronde m’apparaît comme une réunion de l’organe culturel de l’ensemble des êtres humains vivant en Belgique ; c’est en fait une rencontre de l’organe juridique (gouvernement) avec la « Société civile » en vue de découvrir les « besoins » de chacun. C’est le premier pas de ce que j’ai appelé le « processus ternaire de réalisation ». Espérons que ce processus se déroulera comme il a été présenté dans cette lettre !

Quelle est la force qui a amené le gouvernement à vouloir la mettre en place ? Quelle est la force qui a amené les représentants de la société civile à y prendre part ?

Je considère que c’est la force générée par le « pardon » donné par cet homme qui a pardonné l’assassinat de son frère, professeur islamique ; c’est cette force du pardon qui a été l’élément déclencheur de l’initiative et de son acceptation ; élément conduisant à la réalisation d’une idée qui « couvait » dans les consciences.

Quelle force n’a pas eu aussi, il y a quelques années, le pardon donné par Loubna ben Aïssa !

Imaginons que Sharon vienne à pardonner aux Palestiniens ! Ou l’inverse ! Actuellement, « Oeil pour œil, dent pour dent » est devenu trop faible : les « représailles » dépassent de loin l’acte qui en a été la cause. Ces peuples n’ont pas encore rencontré le vrai christianisme invitant au pardon ; celui qui dissout les rapports de forces. Mais quel peuple, qui d’entre nous a déjà vraiment rencontré ce pardon (ce-don-par-dessus-tout) ? Ceux qui l’ont rencontré en leur cœur sans peut-être le reconnaître consciemment ! ils l’ont rencontré dans la Voix de la conscience.

Le jour où, par cette Voix de la Conscience, ils parviendront à le rencontrer dans son essence véritable, la force d’action de leur cœur se décuplera.

Je n’oppose pas le Christianisme aux autres religions. Ma démarche a été de constater que les religions se succèdent dans le temps et correspondent chacune à son époque ; par la suite, une religion d’une ancienne époque peut encore convenir à certaines âmes en fonction de ce qu’elles sont. Je considère que la dernière venue a pour nom « Christianisme » et que c’est elle – quand elle est vraiment comprise dans son essence – qui est la mieux à même de répondre aux besoins de l’époque actuelle : « Transformer les rapports de force entre nous en rapports de fraternité rendant la vie plus harmonieuse, plus pacifique, plus…. joyeuse. ». Le Christ fondateur n’a t-il pas dit en substance : « Aime ton prochain comme toi-même ; cela résume toute la Loi » ?

Sagesse des Sagesses  :

Sagesse des Sagesses : 

« Aimer autrui comme je m’aime ! »

 

De plus, je constate que dans les anciennes religions, les hommes parlent de divinités dans lesquelles je peux reconnaître le Christ s’approchant de la Terre ; les religions se métamorphosent et ne s’annulent pas. L’erreur des missionnaires chrétiens a été de ne pas avoir recherché le lien entre le christianisme et les religions autochtones. Dans toute religion, on y vénère une divinité dans laquelle on retrouve les caractéristiques du Christ. St Augustin, un père de l’Eglise chrétienne – fin du 4ème siècle, début du 5ème – dira: «Ce que l’on appelle actuellement la religion chrétienne existait déjà chez les anciens, et cela dès l’origine du genre humain, jusqu’à ce que Christ parut dans la chair; alors la vraie religion, qui existait déjà antérieurement, reçut le nom de chrétienne».

A mes amis laïques qui, à juste titre, mettent l’Homme au centre de leur philosophie, je leur dirai que les premiers Pères de l’Eglise, qui avaient bien compris l’essence du Christianisme, disait que « Christ s’était incarné pour que l’homme devienne Dieu ». De plus, la Liberté qui leur est chère, l’était aussi aux yeux du Christ : « Si tu le veux, suis-moi ! ».

Une écoute entre les adeptes des diverses religions et des divers courants de pensée peut amener chacun à se laisser féconder par chacun dans ses idées ; c’est une alchimie et non un amalgame qui nous est ainsi demandé. J’en reparlerai plus loin en fin du dernier chapitre.

Dans ce dernier chapitre, je dirai aussi mon opinion sur l’Islam, religion apparue après le Christianisme ; c’est une religion dans la lignée d’Ismaël, le fils qu’Abraham eut de la femme esclave ; c’est ainsi que les Islamistes se comportent comme des « esclaves » de la Loi. Quant aux Israélites, ils restent soumis à la Loi parce qu’ils n’ont pu reconnaître le Christ apportant la conscience de la Loi intérieure .

Ce qui se passe actuellement en Palestine apparaît comme une lutte entre les descendants d’Ismaël d’une part et les descendants d’Isaac d’autre part. Leur conflit pourrait trouver une issue dans la prise de conscience de cette réalité et, par cette prise de conscience, en arriver à rencontrer le Christ dans ses forces de vie, principalement dans ses forces du pardon.

 

 

retour à la structure de la lettre

 

Chapitre 4

A la recherche de l'essentiel.

Que pouvons-nous faire maintenant ?

 

 

les fondements de cette lettre.

Dans ce que j’ai écrit ci-dessus, il n’y a pas de références à une théorie ou à un système philosophique particulier.

C’est simplement une analyse de la situation vécue actuellement par l’humanité. Une situation générée par une réalité, vécue sur toute la surface de la terre, que j’ai appelée " rapports de force entre tous ".

La seule référence pour découvrir une solution a été de se rapporter à la réalité de la nature humaine que peut découvrir toute personne de bonne volonté faisant abstraction de ses préjugés et se mettant à l’écoute intérieure, à l’écoute de tous et à l’écoute de tout son environnement.

J’ai précisé que j’avais pu écrire cette lettre en me référant à un humanisme que je me suis donné comme hypothèse (voir l’encadré de la page 3). Une hypothèse que je considère comme vraie mais que je suis disposé à revoir demain si les circonstances m’y invitent ; en disant cela et en agissant ainsi, je partage l’attitude que Goethe avait envers toute vérité qui était la sienne.

A partir de cette hypothèse, tout ce qui a été écrit découle d’un simple bon sens.

Peut-être vous demanderez-vous sur quoi j’ai construit mon hypothèse ? Cette question est peut-être la question essentielle. Car, je pense que personne ne voudra contredire la substance de ce qui a été écrit dans cette lettre s’il considère comme juste l’hypothèse sur laquelle elle s’appuie.

Tout revient donc à pouvoir justifier cette hypothèse. Voici comment je l’énonçais plus haut :

Cet humanisme se décrit en peu de mots :

  • les êtres humains n’ont pas le droit de promouvoir des organisations sociales aux dépens d’un seul d’entre eux,

  • chaque être humain a le droit de s’exprimer, d’être entendu et de prendre part aux décisions qui le concernent,

  • les rapports de forces feront place au dialogue,

  • les intérêts particuliers (individus ou nations) ne doivent pas nuire aux intérêts de la communauté.

Si l’un de vous, amis lecteurs, ne pouvait accepter l’un de ces quatre points, il serait évident pour lui que ce que j’ai écrit est absurde.

Sur quoi est construit cet humanisme ? A-t-il la force d’une vérité mathématique ? Pour moi, oui ! du moins, oui pour aujourd’hui car je ne sais ce qui viendra vers moi demain… Les vérités mathématiques des astronomes évoluent aussi avec le temps…

Cet humanisme est construit sur une réponse que je me suis donnée, en toute liberté et conscience, sur ce qu’est la nature humaine. Ce qui revient à dire : sur une réponse que je me suis donnée à la question : " Pourquoi suis-je sur terre ? Quel est le sens de ma vie ?

Et comment ai-je trouvé réponse à ces questions… que chacun se pose quand il a pu résister à ce monde qui nous endort ?

J’ai trouvé ces réponses à l’intérieur de moi-même dans cette même démarche préconisée par Socrate, il y a près de deux millénaire et demi ; une démarche actualisée pour notre époque ; une démarche qui me met à l’écoute de la " Voix de ma conscience ". Mais le contenu de la Voix de ma conscience ne dépasse pas ma capacité de la " com-prendre ", de la " prendre avec moi ". C’est pourquoi demain je pourrais être amené à revoir ma vérité.

C’est cette démarche intérieure qui m’a fait accepter – et vivre dans la mesure où j’y parviens – cette Sagesse des Sagesses :

" Aimer autrui comme je m’aime "

 

Et comment se mettre à l’écoute de cette Voix ?

Je l’ai déjà dit plus haut. En faisant taire ses préjugés, en étant disposé à remettre en question le passé. En approchant autrui car chacun a son propre chemin d’évolution et donc sa propre Voix de la conscience, sa parcelle de vérité ; en approchant notamment ceux qui ont déjà entrepris cette démarche d’écoute ; des approches qui se feront dans le plus grand respect des quatre grandes caractéristiques de la rencontre ; je les rappelle (voir chapitre 3) :

  • La Transparence de ce que " Je suis ". Il s’agit ici de " me livrer " ; de me montrer tel que je " suis " dans mes pensées, mes sentiments, mes actes. (témoignage donné en offrande)

  • L’Accueil de cette transparence ; " lui s’est livré " dans ce qu’ " il est " : il me donne sa substance de vie ; " moi, je me livre " pour recevoir cette substance de vie. Un tel accueil exige de moi de pouvoir vivre dans l’absence de préjugés, de lois de vie dictées de l’extérieur, de dogmes, de tabous ; de vivre en étant moi-même. (témoignage reçu en offrande)

  • Le discernement afin de découvrir les substances que je veux intégrer. Suis-je à même de " manger " ce don, de le digérer ? Ce don résonne-t-il en moi ? Me sentirai-je moi-même si je l’intègre en moi ? Devant ces dons d’autrui, je m’en réfère à ma seule loi intérieure. (transsubstantiation)

  • L’intégration en moi de ces substances, en tout ou en partie suivant ce qu’en pleine conscience et liberté j’ai estimé devoir intégrer : la communauté se forme. (communion)

Ce processus n’est évidemment pas à sens unique.

Mais – direz-vous peut-être – démontrez-moi que ces quatre caractéristiques sont justes ! Ma réponse la plus juste et la plus simple est de dire : " Vivez-les et voyez ! ". J’aurais déjà pu donner cette réponse pour justifier l’humanisme ou l’hypothèse sur lequel ma lettre s’appuie.

Dans le sous-chapitre " L’organe culturel " du chapitre 3, j’ai donné d’autres réponses.

*

Mais rien ne sera possible si chacun de nous ne se pénètre pas de cette sagesse des sagesses :

Sagesse des Sagesses : " Aimer autrui comme je m’aime ! "

 

*

que faire maintenant ?

Rien directement ! Comment pourrions-nous arrêter cette machine infernale qui fait tourner le monde ?

Prenons au moins conscience que chacun de nous apporte une part de sa force pour la faire tourner cette machine ! C’est donc à nous de changer de mentalité et d’en parler avec ceux que nous rencontrons !

En élaborant intérieurement, seul et avec d’autres, des idées claires et précises sur ce que devrait être notre organisme social, nous déposons dans l’atmosphère spirituelle de la terre des idées qui sont à la disposition de ceux qui cherchent sincèrement. Ce qui veut dire que nous aussi nous pouvons nous nourrir de ce que les autres déposent ainsi. Personnellement, je suis frappé de voir certains fruits de mes recherches énoncés dans un livre ; l’auteur s’est-il inspiré de mes idées déposées dans l’atmosphère spirituelle de la terre ou est-ce moi qui me suis inspiré de ses idées ? Peu importe ! Ce qui est certain c’est que, dans le sommeil, nous nous sommes rencontrés pour échanger ! C’est ainsi que des mouvements sociaux se mettent en place ! Observez et vous verrez !

C’est ainsi que je vais vous donner quelques exemples de ces idées claires et justes. Quand vous les aurez entendues, vous me direz : " Mais, c’est impossible ! C’est de l’utopie ! ". Et je vous répondrai que vous avez mille fois raison : c’est de l’utopie pour l’immédiat. Mais je sais aussi que vous vous direz : " Ce serait trop beau ! ". Et cela voudra dire que ces idées sont justes ! Et puis, rappelons-nous ce que je viens de dire sur cette collaboration silencieuse dans l’élaboration des idées claires et justes qui font leur chemin dans l’humanité. Ces idées nourrirons la " Société civile " ; ce n’est pas autrement qu’elle s’est mise en place et ce n’est pas autrement qu’elle se développera ! C’est une des façons de la rejoindre.

Voici donc quelques-unes de ces idées :

  • Arrêter les privatisations des sociétés publiques en faisant passer leur gestion dans un organe regroupant tous les acteurs consommateurs, producteurs c-à-d direction et syndicats, banques et autres concernés. Cet organe sera géré comme expliqué dans cette lettre. 

De la même manière, retirer à l’Etat la gestion des sociétés publiques autres qu’administratives.

  • A l’Office mondial du commerce, élaborer un programme supprimant le principe de Libre concurrence afin de permettre le regroupement des entreprises qui se font concurrence sur un même produit. Ces regroupements devraient entendre les désirs d’un organe culturel prenant en considération : besoins réels des consommateurs, juste prix, répartition mondiale du travail dans les régions,… Il n’est pas utile que je précise ici tous les détails qui, forcément, devront être ajustés dans chaque cas ; à partir du moment où les principes proposés dans cette lettre sont bien perçus, le reste vient par surcroît de façon juste….

  • Supprimer la cotation en bourse ! Plus de spéculations boursières ! Evaluer la valeur exacte des entreprises et convertir les actions en obligations portant un léger intérêt fixé et garanti par la Banque mondiale. Plus de dividendes. Tous les bénéfices seront comptabilisés par la Banque mondiale pour créer de nouveaux investissements.

L’Office mondiale du Commerce qui comprendra tous les acteurs de la vie économique prendra conscience des besoins des consommateurs, des régions, etc et, en accord avec la Banque mondiale, décidera des investissements à faire en tel ou tel endroit.

Dans ce système, les pays pauvres seront progressivement amenés à un niveau de vie correcte sur base d’un programme établi avec eux au sein de l’Office mondial du Commerce et de la Banque mondiale.

  • Un mot sur la constitution de l’Europe. Les difficultés du sommet actuel de Copenhague sont pleines d’enseignements.

Y-a-t-il un esprit de fraternité sur le plan économique ? Certains pays ont-ils conscience d’avoir atteint un niveau de vie bien supérieur à certains candidats-membres? Pensent-ils que, de ce fait, ils pourraient freiner leur niveau de vie, voire le diminuer, afin de venir en aide à leur développement ?

Chacun veut garder sa souveraineté ; s l’on veut faire l’Europe, on ne peut plus parler de souveraineté nationale ; en parler revient à parler d’ " égoïsme national " ; le cœur n’est pas actif dans cette union européenne ! En toute simple logique, faire l’Europe n’est-ce pas mettre en commun ?

Imaginez les débats du futur parlement élargi qui, selon les dispositions actuelles, contiendrait 750 membres ; que peuvent faire 750 représentants s’ils ne sont pas animés par les forces du cœur ? Et même s’ils n’étaient que vingt !

Par ailleurs, ce n’est pas aux Etats à régler ces problèmes économiques mais à l’Office mondial du Commerce et à la Banque mondiale (vus comme décrits dans cette lettre). Mais ils ne pourront le faire que s’ils sont animés par les forces de la fraternité, les forces du cœur ! La construction de l’Europe ne pourra se faire harmonieusement que si, sur le plan économique, nous avons suffisamment de cœur pour vouloir partager nos richesses.

  • Les sans-logis dans notre pays, comment résoudre ce problème si la fraternité est inexistante.

Les Restos du Cœur, c’est très bien mais cela devrait nous donner mauvaise conscience ! N’y a-t-il pas place pour une fraternité sociale qui éviterait que ces Restos soient nécessaires ?

  • Bien d’autres idées pourraient être proposées

 

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Chapitre 5

Cette lettre : une utopie qui attend de ne plus l'être ! 

 

 

J’ai bien conscience que ce que je viens de proposer dans cette lettre restera une utopie aussi longtemps que les hommes s’enfermeront dans leur égoïsme outrancier. Sincèrement, je ne vois pas comment cela pourrait devenir une réalité sans un éveil des consciences.

La Société civile, par son réalisme humain, peut être à l’origine d’un éveil de plus en plus général. Elle deviendra une sorte de conscience des peuples ; ceux-ci porteront à la gestion de l’Etat des hommes choisis pour leur réalisme et leur intelligence du cœur.

Quand le mur de Berlin s’est écroulé, un immense vide s’est créé ; il n’y avait pas de poussée politique réaliste animée par l’intelligence du cœur. C’est ainsi que le libéralisme capitaliste s’est engouffré dans ce vide, sans aucune éthique ; il en est résulté chômage, mafias, violences diverses,…. ; le positif – notamment une certaine liberté – qui résulte de cet événement est bien mince.

Une révolution par la violence n’apporterait rien. Elle créerait un vide qui serait mal comblé car il n’y a pas d’alternative précise arrivée suffisamment à la conscience générale. Si révolution il y a, ce ne peut-être qu’une " évolution " mûrie dans le dialogue entre tous.

Aujourd’hui, ce ne sont pas les gouvernements qui gouvernent réellement mais essentiellement les grandes puissances d’argent. Celles-ci pourront-elles comprendre sans être acculées dans une catastrophe financière générale ? Une telle catastrophe serait-ce, pour elles, le seul moyen de comprendre la réalité humaine ?

 

Une dernière réflexion.

Je reviens sur cette constatation que je faisais au début du chapitre 1 de cette lettre ; une constatation qui attirait l’attention sur les grandes impulsions " venant au secours " d’une humanité fonctionnant sur des rapports de forces entre les êtres humains.

Ces impulsions qui se sont suivies dans le temps me semblent le fruit d’une très grande sagesse.

Je découvre quatre temps essentiels pour nos régions ; il y a d’autres temps et il y a d’autres régions ; je ne cherche pas ici à faire un exposé historique exhaustif. C’est un exposé succinct ; trop succinct voire simpliste ; mais porteur d’un sens :

premier temps : tempérer les ardeurs guerrières " : " œil pour œil, dent pour dent ". Vous vous mettez en colère ! Ce Dieu auquel vous croyez sait aussi se mettre en colère contre vos comportements ! Nous étions des inconscients que Dieu voulait éveiller en engendrant sa crainte en nous.

deuxième temps : le Bouddhisme nous sensibilise à la compassion ; il nous invite à la méditation qui nous relie aux réalités profondes de notre être. La violence est bien peu présente chez les êtres qui le pratiquent.

troisième temps : le Christianisme qui nous invite à nous comporter envers autrui comme envers nous-mêmes . Le Christ fait preuve d’un amour allant jusqu’à donner sa vie. Il insiste sur notre liberté : " Si tu le veux, suis-moi ! ". Il nous libère de l’esclavage de la Loi.

quatrième temps : le Coran, l’Islam avec ses équilibres et ses extrémismes comme le Christianisme l’a connu.

 

Et aujourd’hui, en Europe, où en sommes-nous ?

A partir du 4ème siècle, ce Christianisme s’est divisé en deux branches : une branche institutionnelle créée par Constantin proclamant le christianisme comme religion d’Etat et une branche intériorisationnelle prolongeant l’esprit de cœur des premiers siècles. La première est au grand jour, la seconde est dans l’ombre, dans les cœurs.

La première branche voulut répandre le christianisme par la force alors que son fondateur avait dit : " Si tu le veux, suis-moi ". Croisades, inquisitions, excommunications, hors de l’Eglise point de salut, viol des âmes, infaillibilité papale… Schismes alors que son fondateur disait : " Père qu’ils soient un comme toi et moi sommes un ". Il n’empêche que toutes nos civilisations européennes ont reçu son empreinte. C’est – à mon sens – la conscience de cette empreinte qui, aujourd’hui, fait dire à certains européens que l’Europe est " chrétienne " et que la Turquie ne peut en faire partie parce qu’elle marquée par l’Islam. Réunir Christianisme et Islamisme reviendrait à réunir les descendants d’Ismaël et d’Isaac issus d’Abraham ; est-ce cela qui doit se faire dans la construction de l’Europe ? Je suis enclin à le penser. Cette réunion pourrait entraîner un profond changement dans le peuple d’Israël… 

La seconde branche reste dans l’ombre et n’est pas connue ; elle s’est faite un chemin au cours de l’histoire en générant des noms successifs comme " Templiers, Mystiques, Rose-croix, Théosophes,… " ; mais toujours ces " courants " soit ont disparu soit se sont mutés en institutions décadentes par rapport à l’objectif initial… ; mais toujours, la branche intériorisationnelle continue son chemin dans les cœurs au point que, maintenant, certains agissent sous son impulsion souvent sans le savoir ! Bien des membres de la nouvelle " Société civile " sont de ceux-là ! Bien des mouvements sociaux, de par le monde, sont de ceux-là ! Bien des " mangeurs de curés " du siècle dernier étaient de ceux-là ! Mais pas les " dictateurs en tous genres " qui se disent chrétiens… ! Mais pas ces chrétiens qui veulent " sauver " les autres malgré eux… !

 

Qu’est devenu aujourd’hui ce christianisme interiorisationnel ?

Aujourd’hui, nous sommes arrivés à une évolution telle que la perception par le cœur demande à se compléter d’une acceptation pleinement consciente de la raison. Nous nous posons beaucoup de questions sur le Christianisme ; les institutions ne nous donnent pas de réponses qui satisfassent notre conscience et notre raison ; c’est pourquoi nous relâchons nos liens.

Quand un enfant devient un grand adolescent, les parents éclairés lui donnent sa liberté et l’encouragent à prendre ses responsabilités ; c’est d’ailleurs ce que l’enfant désire. Il en va de même pour l’humanité ; elle est arrivée à un stade de " grande adolescence " ; mais l’institution s’est mise en retard – comme cela peut arriver avec les parents – et n’a pas pu préparer ses membres à prendre leurs responsabilités alors que l’âge était là. En conclusion ses membres la quittent et sont livrés à eux-mêmes sans savoir comment trouver réponse à leurs questions.

Heureusement, quelques êtres humains ont pu découvrir comment trouver ces réponses ; ils ont découvert que c’est en ayant accès à leur être intérieur et ils en témoignent pour nous aider à faire de même. Par ce chemin intérieur et au cours des rencontres avec autrui, nous arrivons à une connaissance de l’être humain qui nous donne la force nécessaire pour opérer les profonds retournements du genre de ceux qui sont proposés dans cette lettre. Nous sommes à une époque de l’évolution générale de l’humanité ou cette capacité d’avoir accès à ce chemin intérieur peut se former en nous, si nous le voulons.

C’est en me regardant en face que je découvre mes erreurs et, de ce fait, l’être que je peux devenir individuellement et socialement.

En Europe, je constate quatre tendances :

  • les institutions chrétiennes sont en déclin au profit de la branche intériorisationnelle – encore très cachée ou très discrète –. Le Bouddhisme, le Nouvel-Âge se font des adeptes davantage attirés aussi par une vie intérieure. Déclin des institutions chrétiennes, Bouddhisme et Nouvel-Âge sont le signe d’un besoin de vie intérieure et de liberté.

  • l’Islam fait aussi des adeptes. Ici, nous avons à faire à des personnes qui aiment se soumettre à des lois extérieures. Personnellement, comme je me situe dans la branche intériorisationnelle du christianisme et comme j’ai laissé la Loi de Moïse au profit de la Loi intérieure, je ne me sentirais pas à l’aise dans l’Islam – l’Islam pacifiste – ; je le vivrais comme un esclavage, je ne me sentirais pas un homme libre.

Le Judaïsme est aussi une religion qui place ses membres dans " l’esclavage ", l’esclavage de la Thora. Bien des paraboles du Christ font allusion à cet esclavage de la Loi que vivait le peuple d’Israël. Il en va de même pour certains chrétiens qui se veulent intégristes ou fondamentalistes.

Je ne " jette pas la pierre " à ces " esclaves " ; il est possible que des âmes ne peuvent pas encore sortir de ce chemin et qu’elles en aient besoin pour leur évolution individuelle. Par contre, l’évolution générale de l’Humanité ne peut aller en ce sens.

  • la pensée laïque. Cette pensée prend ses distances vis à vis du Christianisme parce que, entre autres, elle le perçoit encore comme cette branche institutionnelle privant ses membres de Liberté. Cette pensée laïque a ainsi, sans en être consciente, rejoint la branche intériorisationnelle du Christianisme ; certes, elle ne " croit " pas au Christ mais elle croit en l’Homme ; pour moi, c’est pareil car je peux dire que l’Homme c’est Dieu et que Dieu c’est l’Homme. " Christ s’est fait homme pour que l’Homme devienne Dieu " disaient les Pères de l’Eglise. Peut-être un jour la pensée laïque pourra-t-elle faire ce pas comme j’ai pu le faire vers elle.

  • les loges occultes. Nous avons à faire ici à des personnes qui consciemment se sont donnés des objectifs allant à l’opposé de l’humanisme que j’ai décrit ci-dessus. C’est une décision de leur part ; je ne peux la rejoindre. C’est une décision qui a contribué à plonger le monde dans l’impasse où il se trouve ; peut-être que les inévitables " catastrophes " – par rapport à leurs objectifs –, qui en découleront, les amèneront à réfléchir.

 

le chemin vers l’harmonie et le consensus de tous.

En fait, la Pensée laïque, le Bouddhisme et le véritable Christianisme intériorisationnelle sont très proches. Cette proximité laisse entrevoir que tous les courants religieux et philosophiques peuvent se féconder mutuellement. Personne n’a à renier quoi que ce soit de ses croyances mais chacun – le chrétien aussi – est appelé à se laisser féconder par l’autre.

C’est là une réalité qui, dès que je l’ai perçue, me paraissait assez difficile à atteindre ; mais, avec le temps et l’expérience, j’ai pu constaté qu’elle se montrait de plus en plus vraie lorsque la force du cœur nous amène à vivre pleinement les quatre caractéristiques de la rencontre décrites ci-avant ; je ne peux ici en démontrer l’évidence ; mais tout qui sait abandonner ses préjugés et regarder les choses en face pourra en convenir progressivement au fil de son chemin de vie et de réflexion.

J’ai parlé ci-dessus du chemin intérieur dans le cadre d’un Christianisme que je vis. Un Bouddhiste, un Islamiste pourrait découvrir ce même chemin. C’est par le partage des découvertes faites par chacun sur ce chemin qu’une compréhension mutuelle sera possible, quelle que soit la religion, la philosophie. C’est ce chemin intérieur qui nous donnera à tous la force du cœur pour opérer les retournements nécessaires. Comment, sans ces forces du cœur, pouvoir réaliser les quelques idées proposées ci-dessus ?

Si ces forces du cœur pouvaient s’amplifier à la lecture de cette lettre, celle-ci n’aurait pas été écrite en vain car elle aurait trouver un terreau de réflexion salutaire pour nous tous.

Qu’enfin la Liberté, l’Egalité et la Fraternité trouvent, chacune, sa place parmi nous !

Guy Lorge

décembre 2002

 

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Première éditon : 26 décembre 2002

Dernière révision :

                                 

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