Le 3 juillet 2002, ma fille Cécile est décédée à la suite d’un accident de voiture en Espagne. En attendant son rapatriement, je lui ai écris une lettre d’hommage ; je n’aurais pu vivre cet événement de cette façon si je n’avais pas trouvé réconfort dans les connaissances suprasensibles qui m’habitent. C’est pour en témoigner que ce 1 novembre 2002, je publie cette lettre sur mon site.
A toi, chère Cécile,
Pourquoi donc une âme vient-elle frapper à notre porte pour que nous lui donnions un corps ? Pourquoi à la porte de tel couple plutôt que de tel autre ?
Parce qu’elle estime que c’est ce couple qui est à même, tant physiquement que psychiquement, de mieux l’accueillir pour l’aider à entrer dans le monde terrestre afin d’y accomplir l’évolution qu’elle a décidé d’y vivre. " Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait " nous a-t-Il dit.
C’est pourquoi, les parents d’un enfant sont appelés à observer et à accompagner son âme afin de lui donner ce qu’elle attend d’eux. Ce serait donc une grave erreur de vouloir faire de cet enfant une image de son père et/ou de sa mère ; la seule voie juste c’est de lui donner ce qu’il attend ; certes, il nous revient de lui donner correctement ce qu’il attend du " peuple " dans lequel il s’est incarné, ce qu’il attend de ses " parents " mais il nous revient aussi de lui permettre de se caractériser dans ce peuple et cette famille ; il nous revient de lui permettre de s’individualiser, d’être ce qu’il veut devenir, lui cet être unique.
Mais il y a une réalité qui arrive parfois difficilement à la conscience : c’est l’aide que tout enfant apporte dans l’épanouissement de ses parents. Nous ne prenons pas facilement conscience, nous les parents, que nous recevons beaucoup de nos enfants pour parcourir notre propre chemin terrestre. Forts de cette conscience, nous pouvons dire qu’une famille c’est, avant tout, une communauté d’âmes qui s’entraident ; nous pouvons dire que la relation parents-enfants est une relation d’êtres humains dans l’écoute réciproque constructive au cours de laquelle l’enfant apprend à gérer la Liberté qu’il devra assumer un jour et au cours de laquelle les parents se remettent sans cesse en question.
Les parents aident les enfants à entrer dans la Vie ; les enfants aident les parents à progresser dans la Vie.
C’est ce que nous avons voulu vivre avec nos enfants et donc avec toi Cécile qui, aujourd’hui, nous a quittés.
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Mais nous a-t-elle vraiment quittés ? Son corps détruit par un choc violent n’a pu continuer à servir de manteau à son âme ; le chemin que cette âme parcourait sur cette terre a pris fin ; mais l’âme est toujours là ; la Vie continue donc.
Quelle Vie ?
Une Vie – sans corps – en relation avec tous ceux qu’elle a connus sur terre et qui aujourd’hui sont soit incarnés soit désincarnés ; une Vie aussi en relation avec tout le monde des Anges et de l’Etre suprême source de toute Vie. Ce monde qui a voulu faire de l’être humain, un être libre ! Hélas ! Nous utilisons cette liberté à tort et à travers au point que nous générons sur cette terre les pires catastrophes et les pires souffrances ! Pourquoi donc certains d’entre nous se révoltent-ils contre l’Etre Suprême qui nous a laissé cette Liberté ? Pourquoi se révolter contre tant d’Amour ? Pourquoi plutôt ne pas se regarder et découvrir en notre humanité la seule source de nos souffrances ?
Oui, la Vie continue dans une communion universelle ! Un parfum, libéré de son écrin, se répand dans toute la salle ; ainsi l’âme de Cécile, libérée de son corps, se répand dans tout l’univers et devient accessible à tous simultanément. Son âme peut pénétrer chacun de nous ; c’est à nous de nous rendre perméables !
Ainsi, tu es toujours là bien présente, Cécile, auprès de tous ceux que tu as connus et auprès de tous les êtres humains ! Oui, tu es bien présente ! La séparation n’existe pas ! Dès maintenant tu nous offres la substance des expériences que tu vis dans la Lumière. C’est une réalité bien palpable pour " celui qui veut se mettre à l’écoute ". Hélas, beaucoup d’entre nous sommes aveuglés par la vie moderne au point que nous ne prenons pas le temps de découvrir en nous la présence des Etres chers, des Anges, de l’Etre suprême qui veulent nous parler. Nous ne prenons pas le temps de humer leur parfum . Quand nous en prenons le temps, nous les trouvons dans le silence et le calme intérieurs !
Ainsi notre immense tristesse de ne plus te voir parmi nous se métamorphosera en joie !
Quand un être cher se dévêtit de son corps, notre âme se remplit de tristesse et de tendresse. Mais elle peut non pas anéantir mais transcender cette tristesse en entrant résolument dans cette communion universelle. " Père qu’ils soient Un comme toi et moi nous sommes Un " a-t-Il dit. C’est aujourd’hui, chère Cécile, que je touche, d’une manière quasi palpable, la réalité profonde de ces paroles du Christ.
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En passant dans un autre mode de Vie, ma chère Cécile, tu nous fais de splendides cadeaux.
Le premier – que je connaisse – c’est celui que tu as fait à ton fils aîné Quentin. Ce n’était pas facile tous les jours avec un enfant aussi travailleur et volontaire qui termine son adolescence ! Tu te réjouis déjà de voir combien il reconnaît tout le grand et admirable travail que tu as fait pour embellir l’intérieur de la maison, pour aider son papa dans la gestion de la ferme, pour assumer si pleinement et si profondément ton travail d’enseignante ; spontanément, de lui-même, il nous a dit tout cela ! Il nous a dit aussi : " Elle faisait tout pour nous et nous, nous ne faisions rien pour elle ! ". C’est comme une nouvelle naissance ! Ne serait-ce pas aussi cela " Renaître d’en Haut " comme le Christ l’expliquait à Nicodème.
Un autre cadeau qui a suivi immédiatement, c’est la force que tu as donnée à ta fille Aline au moment où son frère, dans les larmes, devait lui enlever la joie que vous deviez partager toutes deux, d’ici une dizaine de jours, lors de son retour du Mexique après près d’un an d’absence.
En dehors de tous ces cadeaux ponctuels que tu nous fais à chacun et qu’il ne m’est pas possible de citer ici, il y a le cadeau incommensurable de ce que tu nous a apporté à tous : le cadeau de " ce que tu es " , toi l’amoureuse des nobles sentiments, l’amoureuse du travail bien fait, l’amoureuse de la Vérité. Déjà, par exemple, ton fils Quentin déclare haut et fort qu’il continuera à maintenir l’ambiance harmonieuse que tu savais créer dans un esprit de justice, de vérité, de fermeté et de tendresse. Ton mari, Claude, nous a dit qu’il aurait préféré que ce soit toi qui survives pour les enfants plutôt que lui ; c’est dire combien il t’appréciait ; mais, par l’immense tendresse qui vous unit tous deux, il lui sera possible de poursuivre vos échanges harmonieux ; il lui sera possible d’entendre tes pensées, de vivre tes sentiments et de découvrir ensemble les actes à accomplir. Quant à ton petit Florian, il vit son séjour à l’hôpital avec un courage puisé dans la grande tendresse que tu continues à lui prodiguer.
Dimanche matin, lors de mon réveil, j’ai pris conscience que je ne t’avais pas toujours " vraiment reconnue " ; la veille en revoyant une photo, je fus saisi par la beauté de ton âme qui s’exprimait sur ton visage ; par la noblesse qui s’en dégageait ; c’était la première fois que je vivais cela ! Pourquoi donc ai-je été si aveugle ? Certes, je reconnaissais tes qualités mais,
intérieurement, je ne les vivais pas en profondeur.Et voilà que tu nous donnais encore un grand cadeau. Je ressentais – cette fois parce que je le vivais dans mon cœur – combien est important pour un être humain de se sentir " reconnu " pour ce qu’il pense, ressent ou fait ; " reconnu pour ce qu’il est ".
L’esprit critique – bien nécessaire à la recherche scientifique moderne – n’a pas sa place dans les relations entre êtres humains ; bien au contraire, la critique détruit celui qui la vit tout comme celui qui la reçoit ! Une pensée critique, même non exprimée, atteint et détruit celui qui en est l’objet.
Ainsi, ma chère Cécile, par ta vie, tu nous fais comprendre que c’est une vraie nourriture pour l’âme de se sentir reconnue ; certes, je le " savais " mais aujourd’hui, je le vis : C’est une nécessité vitale pour un être de se voir aimé pour ce qu’il croit vivre de manière juste et de ne pas se sentir rejeté pour ce qui déplait en lui ? – " à tort ou à raison " mais… existe-t-il une raison de rejeter ? –. Chacun ressent au plus profond de lui-même : J’ai besoin d’être aimé pour ce que " je suis ".
Ce comportement de rejet est en train de détruire l’Humanité. Comme la plupart des êtres humains, tu n’as pas échappé à vivre ce rejet mais, heureusement, tu as pu aussi ressentir que d’autres t’aimaient profondément pour " ce que tu es ". Et malgré ces rejets, tu as toujours pardonné et tu as toujours aimé en vérité.
C’est pourquoi, Lui, qui ne rejetait personne, nous a dit : " Tu ne porteras pas de jugements " et " Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés "
En méditant sur cette reconnaissance vitale, je crois juste de supprimer de mon vocabulaire les mots " qualités " et " défauts " ; il n’y a pas de qualités, il n’y pas de défauts ! Il y a des " facilités ", il y a des " difficultés ". Chacun a ses " facilités " et ses " difficultés ". Depuis que l’humanité, dont nous sommes tous responsables, a, de par la Liberté qui lui a été accordée, commis les pires erreurs de comportement, nous sommes tous, individuellement et fraternellement, appelés à nous " relever " ; dans cette volonté de nous relever, nous obtenons, jour après jour, des victoires sur nous-mêmes qui " transforment nos difficultés en facilités ". C’est ainsi que nous pourrions dire que " le mal n’existe pas " mais que ce qui existe c’est une " force en nous à transformer " ; notre âme est appelée à mettre en mouvement toute force qui l’anime afin de poursuivre sa propre évolution et celle de l’humanité.
Je voudrais, ici, ajouter un bref paragraphe pour quelques compagnes et compagnons de route ; un paragraphe qui ne sera vraiment compris que par eux. Nous avons été reconnus en grande profondeur par une personne qui était des nôtres ; comment nous, l’avons nous reconnue ? L’avons-nous reconnue dans " ses facilités " et dans ses " difficultés " ? Se sent-elle reconnue par nous ?
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Comme me le disaient encore ton mari et tes enfants, tu avançais dans la Vie en te disant et en proclamant à tes enfants : " Quand on veut, tout est possible ! " ; c’était là une " devise " que tu disais avoir reçue de ta grand-mère maternelle – ta marraine – qui a quitté cette terre, alors que tu n’avais que treize ans, dans un accident de circulation, elle aussi.
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Tu sais, chère Cécile, combien je suis en recherche pour découvrir ce que l’Homme fait sur Terre ; tu sais aussi que cette recherche m’a permis d’approcher la connaissance du monde de nos origines, ce monde où l’esprit divin crée et ordonne la matière. Maintenant que tu te trouves dans ce monde, je le trouve beaucoup plus proche de moi.
Tu sais combien je souhaite que nous, les hommes ici sur terre, oeuvrions toujours en prenant en considération les réalités du monde divin ; tu sais aussi que je veille à ce qu’en agissant ainsi, nous ne nous détournions pas des réalités terrestres. Il n’y a pas de vraies et concrètes réalités sur terre si elles ne sont pas élargies aux vérités de l’esprit divin ; sans ces vérités de l’esprit, tout sur terre est illusion.
Poursuis ton chemin vers et dans la Lumière christique dans laquelle tu oeuvreras suivant ton destin ; un destin, je le pressens, qui – aujourd’hui dans notre humanité et particulièrement là où tu es passée – va être source de forces de rassemblement fraternel au cœur d’un amour véritable. Merci à toi, Cécile.
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En me réveillant ce mardi matin, j’ai revu intérieurement ton regard et j’ai pensé : " Que de fois, ton regard, qui – dans la joie ou la souffrance – accompagnait tes paroles, tes sentiments, tes actes, montrait combien ce qui émane de toi vient des profondeurs christiques de ton être ! " S’il n’y a qu’une phrase à écrire sur toi, c’est celle-là.
La Vie continue ; les relations sont toujours là ; mais sous un autre mode.
Merci, Cécile, d’être venue dans notre foyer ! Merci pour ton amour si sincère, si profond, si attentionné !
Ton papa
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Lettre de sa maman
qui a voulu lui témoigner gratitude et espérance.
Chère Cécile,
Tu nous a quittés brusquement ; nous sommes dans la peine.
Nous voulons te dire merci pour tout ce que tu nous a donné dans cette courte vie : ta joie de vivre, ta force de caractère, le goût du beau, du travail bien fait.
Merci aussi pour l’amour que tu as donné à ton mari, à tes enfants, à ta famille, à tes élèves.
Nous te demandons pardon si nous t’avons fait de la peine parce que peut-être nous ne te comprenions pas toujours.
Maintenant que tu es dans la Lumière auprès du Tout Amour, nous te demandons de veiller sur nous tous et de nous aider à continuer ton oeuvre.
Ta maman
Cécile est née en 1956 ; l’accident est survenu le 3 juillet 2002.
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Première éditon : 1 novembre 2002
Dernière révision :
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