L’évolution de la conscience de soi

 

Dis-moi quelques mots sur le développement de la conscience de soi.

La plupart d’entre nous avons conscience « d’être moi et pas toi » ; nous pouvons constaté que depuis la fin du moyen âge (chute de Constantinople), la conscience de soi s’est développée assez rapidement ; aujourd’hui, cette conscience conduit à un égocentrisme bien souvent outrancier chez plusieurs d’entre nous. Toutefois, la conscience d’appartenir à une nation existe encore plus ou moins ; le racisme est encore actif et il y a encore des consciences de groupe assez puissantes : des corporatismes, des coalitions d'intérêts financiers…..

A l’origine, notre âme se tournait vers le cosmos pour comprendre ce qu’elle faisait sur terre ; en d’autres mots, notre âme était en connexion directe avec le cosmos ; notre âme agissait en penser, sentir et vouloir comme un automate aux mains de l’intelligence cosmique ; notre âme avait à sa disposition cette triade de servantes - le penser, le sentir et le vouloir - qui ne lui laissaient aucune liberté d’action et agissaient à sa place.

Mais l’être humain, de par les lois de l’évolution, devait devenir un être libre se tournant avec amour vers tout son environnement terrestre et cosmique.

Que veut dire « se tourner avec amour » ? A notre époque, cela veut dire : entrer en union intime consciente avec tout être du cosmos: minéral, végétal, animal, humain, étoiles, êtres spirituels,… sans oublier les objets construits par l’homme. Cela veut dire : ressentir que l’on fait un (que l’on vit en harmonie) avec tout ce qui constitue l’environnement.

Quel processus se mit en place pour cela ? Comment allons-nous cesser d’être des automates dans les mains de l’intelligence cosmique ?

Pour être libre, nous devions ne plus être contraints de nous soumettre à l’intelligence cosmique ; nous devions aller à elle en toute liberté. Il fallait donc que cette intelligence coupe les ponts avec nous ; c’est ce qu’elle fit en se retirant progressivement. Cependant, il fallait que nous puissions retourner librement vers elle afin de découvrir ce qu’elle nous proposait.

Deux grands événements furent nécessaires à cette fin.

Le premier fut le don que fit l’intelligence cosmique à chacun d’entre nous ; elle fit descendre en nous une coupe la contenant toute entière ; une coupe à laquelle notre âme pourrait s’abreuver progressivement à la mesure des facultés qu’elle allait acquérir au cours du temps ; en s’abreuvant ainsi intérieurement de manière progressive dans le temps, l’âme pouvait compenser de manière tout aussi progressive le retrait de l’intelligence cosmique. En ce faisant, l’intelligence cosmique ne nous parvenait plus de l’extérieur mais de l’intérieur ; nous n’étions pas pour autant passés dans une démarche libre pour la découvrir. C’est pourquoi un autre événement se produisit.

Ce deuxième événement fut d’amener l’être humain à couper tout contact avec l’intelligence cosmique et à lui éviter de la rechercher à l’intérieur de lui-même ; cette coupure est telle aujourd’hui que l’être humain en arrive à nier son existence. Pour cela des êtres spirituels - qui seront appelés lucifériens - se sacri-fièrent en se mettant en retard dans leur propre évolution ; ils amenèrent ainsi l’homme à « manger du fruit de l’arbre de la connaissance » en se tournant non pas vers l’intelligence cosmique intérieure mais en se tournant vers la nature ; c’est ainsi qu’aujourd’hui, les sciences de la nature se sont admirablement développées ; mais si elles se sont admirablement développées sur le plan physique, elles ne sont pas conscientes des réalités cosmiques qui se cachent derrière ce plan.

Dans ce processus, nous avons été amenés à nous tourner vers nous-mêmes et à nous découvrir en tant qu’être purement terrestre c’est-à-dire dans notre constitution psycho-spirituelle ignorant tout de notre composante cosmique ou divine. Nous avons même été jusqu’à nier notre « psychè » estimant que l’être humain était un organisme purement physico-chimique.

L’intervention Luciférienne qui accompagna ce don de la coupe ne permit donc pas à nos yeux de s’ouvrir pour en découvrir le contenu.

C’est ainsi que la coupe descendue en chacun de nous s’individualisa (ADN) dans notre conscience sous forme de « ego », développant en nous des comportements très égocentriques ; l’intelligence que contient cette coupe est comme une eau vive dont notre âme n’a pas conscience. Notre âme déversa dans cette coupe une intelligence purement terrestre totalement imperméable à l’eau vive qu’elle contient. La séparation d’avec l’intelligence cosmique fut consommée ; mais chacun acquit la conscience de soi ; une conscience de soi remplie d’égoïtés.

Le nom qui fut donné à cette coupe contenant l’eau vive fut multiple : Moi supérieur, Moi profond, Je, Je-Esprit, Etre suprême individualisé,.…

L’histoire témoigne-t-elle de cette séparation d’avec l’intelligence cosmique ?

Certainement ! Nous constatons donc que, pour devenir des êtres libres, nous avons évité un transfert progressif d’une connexion extérieure vers une connexion intérieure à l’intelligence cosmique ; nous avons du faire face à une séparation (1) progressive qui, un jour, plongea notre âme dans la solitude, dans les Ténèbres.

Cette coupure progressive apparaît dans la mythologie grecque quand elle dit que, lors de son incarnation, l’âme traverse le fleuve « Léthè » (fleuve de l’oubli) qui noie la vérité qu’elle porte en elle ; c’est pourquoi les grecs appellent la vérité : « a-léthéia » c’est-à-dire « non-oubli ».

Les anciens Egyptiens, bien que déjà entrés dans les ténèbres, disposaient encore des trois servantes (penser, sentir et vouloir) qui travaillaient en eux tant bien que mal suivant les âmes. Au début de l’ère gréco-romaine, l’âme avait encore, pendant son sommeil, des images qui la faisaient participer à l’œuvre des êtres spirituels dans la nature. Vers le quatrième siècle avant notre ère, elle perdit cette connaissance en images ; c’est alors que Socrate intervint pour la rassurer en lui disant : « Si tu désires connaître les vérités sur l’ordonnance du monde, tourne ton âme vers ton daïmonion intérieur ; il te révélera ces vérités sous forme de pensées. ». Socrate avait découvert ce passage d’une connaissance puisée à l’extérieur à une connaissance puisée à l’intérieur se formant dans la pensée. Cette déclaration de Socrate nous interpelle : il découvre ce qui allait être une épreuve pour l’humanité et en même temps son remède. Du temps de Socrate, la pensée humaine était encore proche de la pensée cosmique ; progressivement, la pensée généra l’outil « intellect ». L’acquisition de l’intellect – indispensable pour notre évolution - est une épreuve car il est source possible de nombreuses pensées coupées des réalités cosmiques ; le remède pour sortir de cette épreuve, c’est le daïmonion, source intérieur révélant à l’Homme la vérité.

Mais qui est ce daïmonion ?

C’est la coupe individuelle contenant l’intelligence cosmique descendue en l’Homme, celle qui sera appelée Moi profond, Moi supérieur, Je, Je-Esprit, Etre suprême individualisé,.…

L’âme grecque est inquiète ; elle dira : « Mieux vaut être un mendiant sur Terre qu’un Roi au pays de l’Ombre ». L’âme plonge dans la solitude et l’ignorance de ce qu’elle est.

Comment allons-nous redécouvrir, librement et avec amour, cette intelligence cosmique qui dort en nous dans notre coupe individuelle ?

Dans sa conférence du 6 décembre 1910 à Berlin (2), Rudolf Steiner attirait notre attention sur les traductions généralement erronées des premiers versets de l’Evangile de Marc rapportant les paroles du prophète Esaïe qu’a reprises l’ange qui habitait l’âme de Jean-le-Baptiste.

Cette remarque est d’autant plus intéressante que Marc est l’évangéliste qui caractérise le mieux notre civilisation européenne ; Mathieu étant davantage en rapport avec la civilisation gréco-romaine, Luc avec la civilisation suivant la nôtre  et Jean avec la dernière civilisation du postatlantide.

Quelle est cette erreur ? Le mot « Kyrios » avait, dans la langue antique grecque, une tout autre signification que celle que nous lui donnons actuellement. Dans le contexte de l’époque, ce mot était utilisé pour désigner le Moi qui montait dans l’âme pour lui proposer d’être son maître, son Seigneur.

« On ressentait la montée progressive du Moi, depuis les profondeurs de l’âme jusqu’à la surface où il devait émerger comme l’apparition d’un seigneur, d’un souverain, guide des forces de l’âme que nous appelons aujourd’hui le penser, le sentir et le vouloir ; ces différentes forces sont les serviteurs de l’âme où se trouve également un seigneur, un Kyrios : c’est le Moi. (…) Dans les temps anciens, on disait : « cela pense en moi » ou « quelque chose en moi ressent » ou « quelque chose en moi veut ». (R. Steiner. conf. citée). Aujourd’hui, nous disons : « Je pense » ou « Je ressens » ou « Je veux ».

Sans entrer ici dans une justification complète de traduction, nous pouvons exprimer la substance des paroles de Jean-le-Baptiste en disant qu’il s’adressait à l’âme plongée dans la solitude ; il l’invitait à accueillir son Seigneur individuel qui, si elle le voulait, allait l’éclairer sur le sens de sa présence sur Terre et sur le chemin qui lui est proposé pour accomplir son évolution individuelle et collective.

« Cela était également annoncé dans les temples qui devaient préparer cet événement concernant l’humanité. On décrivait, avec un respect sacré teinté d’effroi, comment les âmes ne portaient jusqu’alors que des énergies comparables à des servantes : le penser, le ressentir et le vouloIr. Mais voilà qu’en cette âme humaine, approchait le seigneur, le Kyrios. Cet événement grandiose advient certes progressivement, il se déroulera jusqu’à la fin du temps terrestre, gagnant de plus en plus en puissance. Mais il est en cours. Le Christ en apporte l’impulsion initiale. L’époque où Il vIt constitue une heure capitale dans la marche de l’horloge cosmique. C’est l’heure où le Moi se lève comme seigneur des forces de l’âme ; et Il aura atteint son but quand la terre tombera en poussière dans le cosmos et que l’homme s’élèvera vers des degrés d’existence supérieurs. » (…) Le seigneur-Moi (ou Kyrios-Moi) vient donc, il avance en direction de l’âme humaine. Mais l’homme ne doit pas rester totalement passif, il doit faire quelque chose pour que le seigneur puisse vraiment s’emparer de l’âme humaine. Le chemin doit être libre, ouvert. » (R.Steiner, idem)

Généralement, les traducteurs de ces versets de Marc confondent le Kyrios-Moi avec le Kyrios-Christ parce qu’ils ne resituent pas les mots dans le contexte de l’époque.

Quelle est la substance de ces paroles d’Esaïe ?

« Ecoutez la voix (celle de l’ange en Jean-le-Baptiste) qui crie dans la solitude de l’âme : préparez la voie du maître (Kyrios) de l’âme ; travaillez pour que le chemin – ou la voie – soit libre ».

Dans un langage encore plus libre, nous pourrions dire aujourd’hui : Ô âme, tu sortiras de ta solitude et tu découvriras qui tu es, si tu accueilles, en ton centre, ton Moi-Kyrios ! Si tu l’accueilles vraiment - sans l’étouffer – il répondra à toutes tes questions car il est instruit pas Christ qui l’accompagne à l’intérieur de toi.

Mais qui est ce Moi-Kyrios ?

C’est cette coupe contenant l’eau vive de l’intelligence cosmique individualisée en chacun de nous.

Ainsi Jean-le-Baptiste invite notre âme à se tourner vers cette coupe contenant l’eau vive et à laisser cette eau la pénétrer afin de la guider.

Nous sommes deux mille ans plus tard et je ne suis pas encore conscient de ce que tu me dis là !

Aujourd’hui, cette eau vive est toujours bien présente dans la coupe mais elle ne parvient pas à pénétrer dans les nombreuses égoïtés que nous y avons introduites et qui nous ont permis d’acquérir la conscience de soi, tout en nous laissant dans l’ignorance de notre vraie nature d’être humain.

L’invitation de Jean-le-Baptiste revient avec force : « Ame accueille ton Kyrios ; laisse lui le soin de te guider ; il te sortira de la solitude et te feras découvrir qui tu es ! ».

Mais l’âme résiste ; elle n’entend pas ces paroles ; elle est plongée dans la matière terrestre ; elle se cérébralise ; elle ne sait pas se connecter sur l’Internet cosmique (celui de l’Intelligence cosmique). Heureusement pour elle, il y a … la maladie qui s’efforce de la réveiller. Il y a aussi … la mort du corps physique qu’elle anime ; après chaque incarnation, elle prend conscience de ce qu’elle a vécu sur Terre et découvre des pistes de progrès pour sa prochaine incarnation. Ces pistes se manifestent par la « Voix de la Conscience » qui cherche à se faire entendre dans toute situation terrestre ; cette voix est discrète car elle ne veut pas enfreindre sa liberté ; elle ne se fait entendre que si l’âme se met consciemment à son écoute.

C’est ainsi que, deux mille ans après l’impulsion christique, l’âme se réveille… très doucement tant sa léthargie est profonde…. et tant le mode de vie contribue à la laisser endormie… ; des événements soudains - comme la mort de Julie, Melissa et autres enfants victimes de la pédophilie ; l’attentat contre les tours du WTC – réveillent les consciences ; c’est comme si nos absurdités collectives nous « retombaient dessus » pour nous faire comprendre que l’heure est venue de changer de mentalité ; comprendrons-nous ? irons-nous jusqu’au bout ? Jusqu’au bout non d’une vengeance mais d’une autocritique de nos comportements. S’il en est ainsi, alors ces victimes ne seront pas mortes pour rien ; c’est la meilleure façon de leur rendre hommage et reconnaissance…. Puissions-nous être nombreux à nous réveiller.

Puisse chacune de nos âmes laisser ses égoïtés s’imprégner de l’eau vive de l’intelligence cosmique.

Mais comment en arriver là ?

En écoutant la voix de sa conscience.

Mais de nouveau comment en arriver là ?

En se connectant sur l’Internet cosmique et par l’art de la rencontre, l’art social !

Dans un entretien de base (3), tu m’as déjà parlé de la rencontre ; voudrais-tu en dire encore quelques mots.

Augustin, un Père de l’Eglise qui vécut au 4ème siècle, caractérisait cet art de la rencontre par une phrase lapidaire : « Foris admonet ; intus docet ».

En voici la traduction littérale : « Il (Christ) interpelle de l’extérieur ; il (Christ) enseigne de l’intérieur ». En clair cela veut dire que Christ présent en tout être nous interpelle mais que c’est à l’intérieur de l’être qu’il enseigne.

C’est une phrase qu’Augustin livrait à la méditation de ses prêtres pour qu’ils découvrent ce qu’était leur activité de prêtre ; par ces paroles, il leur recommandait de témoigner de Christ mais de ne pas s’immiscer dans la vie intérieure des hommes et de laisser à Christ le soin d’enseigner à l’intérieur de chacun d’eux.

Comment peux-tu dire : « Christ présent en tout être » ?

Que l’être humain en soit conscient ou pas, qu’il le veuille ou pas, Christ est présent en tout être depuis Golgotha ; mais Christ laisse libre au point que bon nombre d’entre nous ignore sa présence. Cependant, ceux qui ignorent sa présence peuvent suivre leur conscience au point de se comporter comme Christ sans le savoir. De plus, un comportement d’autrui qui ne serait pas christique peut interpeller aussi ; c’est comme si Christ bafoué en autrui nous interpellait.

Ainsi donc, lors de toute rencontre, Christ est présent !

Certainement !

Lors d’une rencontre, je suis appelé à faire taire en moi tout sentiment d’approbation ou de désapprobation ; je suis appelé à me faire coupe pour le témoignage d’autrui ; celui qui témoigne en toute honnêteté et celui qui reçoit le témoignage sont tous deux dans une attitude d’offrande de soi. Quand autrui témoigne, il rapporte ce qu’il a vécu sous l’impulsion de son Moi-Kyrios conseillé par Christ. Par autrui, Christ m’interpelle.

Après avoir reçu ainsi le témoignage, je suis instruit par Christ qui veille à me laisser libre ; cela veut dire que je prends conscience de la substance de ce témoignage pour l’introduire dans ma propre substance dans la mesure où ma conscience le permet ; c’est une transsubstantiation. C’est ainsi que la rencontre ave autrui devient aussi une rencontre avec moi-même.

Après cette transsubstantiation, j’entre en communion avec celui qui a témoigné. De transsubstantiation en transsubstantiation, je deviens de plus en plus Christ ; j’entre dans le Un tout en restant conscient de moi-même.

Ces quatre grands aspects de la rencontre se retrouvent dans les anciens Centres de Mystères ; en enseignant la Messe à ses proches disciples, Christ ressuscité a repris ces quatre grands aspects des Mystères. Nous découvrons ainsi que l’art social - la rencontre - est en fait un chemin initiatique pour notre époque ; un chemin initiatique, c’est aussi un chemin de guérison. C’est la rencontre du Moi-Kyrios. Dès que le Moi-Kyrios est accueilli dans une acceptation totale consciente, il peut tout guérir.

Acceptation totale, tu dis ?

Je dis bien acceptation consciente et non résignation ! Je ne peux décrire une telle acceptation ; il faut la vivre pour la comprendre ; je dirai tout simplement ( !) qu’il s’agit d’une acceptation transcendée dans le Moi.

Pour que l’âme puisse accueillir pleinement son Moi-Kyrios, elle est appelée à laisser l’eau vive de l’Intelligence cosmique pénétrer - et ainsi métamorphoser - toutes les égoïtés qui emplissent sa coupe individuelle. Dans un autre langage, l’âme est appelée à métamorphoser son astralité en lui conférant les qualités des êtres cosmiques. Dans un autre langage encore, c’est la quête du Graal.

J’ai le pressentiment en te voyant que tu viens de vivre quelque chose d’important ! Peux-tu m’en parler ?

Je constate que tu ressens bien les choses. En effet, je viens de découvrir une dimension de la rencontre qui ne m’était jamais venue à la conscience. Cette dimension me fait penser à une « apothéose ».

Quand, dans une rencontre, le témoignage n’est plus dans le penser, dans le sentir ou dans le vouloir mais qu’il relève uniquement de deux « êtres qui se regardent et s’acceptent dans ce qu’ils sont », cette rencontre ne devient pas seulement communion ; elle devient union mystique ; l’union mystique des temps présents et à venir où ne s’unit plus un être humain à un Dieu mais où s’unissent deux « êtres humains-devenant-dieu ». Rencontre dans les corps, les âmes et les Je-esprits. Rencontre entre deux êtres sur le chemin de l’initiation, du sein de laquelle naîtra des forces créatrices de guérison. Rencontre d’amour originel ; rencontre d’amour éternel. Rencontre chaleureuse des cœurs.

Cette nouvelle rencontre se caractérise par une dimension supplémentaire : celle de la conscience du Moi en autrui et en soi ; la rencontre des « coupes » a lieu ; c’est la rencontre qui unit deux Moi de manière indestructible pour les incarnations à venir. Le Graal est retrouvé.

Nous sommes à l’aube de ces rencontres conscientes entre les Moi-Kyrios ; elles débuteront chez ceux qui pourront avoir accès aux liens tissés dans les incarnations antérieures ; elles se renforceront par la découverte des projets communs ou complémentaires de l’incarnation en cours. Les paroles du Christ : « Là ou deux ou trois seront réunis en mon nom, je serai avec eux » prendront une dimension nouvelle : les Moi-Kyrios seront de plus en plus nombreux à vivre l’union intime entre eux tous au point de réaliser ensemble de grandes choses. Ce seront les nouveaux thérapeutes de la terre et de tout ce qu’elle porte.

Guy Lorge

29 septembre 2001

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(1) Séparation. Ce mot « séparation » est la traduction d’un mot qui a été aussi traduit par « péché ». Si bien que la traduction de la Bible a introduit l’expression « péché originel » alors que l’on aurait pu tout aussi bien traduire « première séparation d’avec l’intelligence cosmique » ou « première séparation d’avec Dieu ». Quand je lis la Bible, en remplaçant le mot « péché » par « séparation » tout en étant conscient du processus décrit ici concernant notre séparation d’avec l’intelligence cosmique, je quitte le sentiment de culpabilité que l’on nous a inculqué…. Je découvre ainsi que la vie est un chemin sur lequel je ne dois pas me sentir coupable de trébucher ; si je trébuche, je me relève et reprends la route sans me sentir coupable ; j’avance sur mon chemin ; c’est ce qui importe.

(2) Cette conférence se trouve dans « Esotérisme de l’Evangile de Marc » (Editions anthroposophiques romandes)

(3) Voir le huitième entretien de base dans le livre : « Vivre la vie aujourd’hui dans la joie ! sans déprime ! » (Editions IDCCH)

 

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Première éditon : 29 septembre 2001

Dernière révision :

                                 

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