Cinquième entretien.
(La nature humaine)
Tu vas donc me parler de la nature humaine en t’appuyant sur les résultats obtenus en se tournant vers l’intérieur de soi-même.
C’est bien ainsi que nous allons nous rencontrer. Mais n’oublie pas que toutes les " affirmations " que je te ferai ne sont que des " clefs " qui te sont offertes afin que toi-même tu essayes d'ouvrir tes portes personnelles de vérification intérieure.
Permets-moi aussi de te rappeler que la vérification comporte un second volet : celui de la vérification dans la vie quotidienne.
Il y a une trentaine d’années, m’est venu entre les mains un document qui sortait complètement de mon ordinaire. Dans ce livre, l’auteur proposait une description de la nature humaine en la présentant sous " 9 éléments ". C’était une description qu’il livrait après l’avoir découverte en lui et avoir constaté qu’il était en harmonie avec les descriptions d’autres courants et particulièrement ceux de la Rose-Croix,
Je me sentis profondément intéressé par cette description ; aujourd’hui, je peux dire que l’auteur m’a donné neuf clés qui m’ont permis d’ouvrir en moi les neuf portes qui conduisaient à ces neuf réalités. Ces portes se sont ouvertes avec plus ou moins de facilités et se sont faites de plus en plus larges avec le temps ; de plus l’expérience de la vie quotidienne vint confirmer ces descriptions. Aujourd’hui, je me sens " à l’aise comme un poisson dans l’eau " face à ces neuf éléments de la nature humaine tout en reconnaissant que j’ai encore du chemin à parcourir pour découvrir de manière vivante les trois derniers éléments de notre nature supérieure.
Je t’écoute ; donne-moi ces neuf clés !
Je te propose de sortir dans le jardin….
Tu vois cette pierre sur ta droite ! Eh bien, dans notre langage propre à la recherche spirituelle,…
Permets-moi de t’interrompre ! Recherche spirituelle ? Que veux-tu dire ?
A partir du moment où nos questions concernent le domaine de l’invisible ou du non-palpable dans nos laboratoires universitaires actuels, nous convenons de dire que notre recherche est du domaine de l’esprit. Autrement dit, notre recherche consiste à aller à la rencontre de la Sagesse Cosmique portée par les êtres spirituels et endormie à l’intérieur de chacun de nous. Il s’agit bien de cette Sagesse que, par son incarnation, Christ nous donne la possibilité de réveiller si nous le voulons.
Je comprends ; veux-tu en revenir à notre rencontre avec cette pierre !
Dans notre langage, nous dirons que cette pierre présente sur cette terre un seul élément ; nous appellerons cet élément : Corps Physique. C’est un corps constitué uniquement de matières minérales.
Les forces qui donnent de la cohésion à ces minéraux viennent des êtres spirituels les plus élevés (les plus anciens dans la conscience de soi – tous les êtres évoluent, nous le verrons).
Et ce chêne, c’est quoi pour la recherche spirituelle ?
Observons-le en profondeur, dans son essence, son être ! Que pouvons-nous dire de lui comme de tout végétal ?
Il est constitué de matières minérales qui ont vaincu la pesanteur et se sont mises en forme pour donner un chêne.
Les forces qui donnent forme à ces minéraux viennent aussi d’artisans spirituels. Si par la pensée, nous retirions tous les minéraux présents dans le chêne, qu’en resterait-il ? Rien ! Toutefois, nous pouvons imaginer dans l’espace un flux de forces invisibles à l’oeil en forme de chêne.
Convenons d’appeler ce flux de forces " Corps de forces formatrices " ou encore " Corps éthérique " (éthérique : ici ce mot n’a rien à voir avec l’éther des physiciens du début du XXème siècle).
Donc, le chêne (ou tout végétal) est composé d’un Corps Physique (ensemble des minéraux) et d’un Corps éthérique (ensemble des forces qui donnent forme au corps physique).
Et ce lièvre qui vient de traverser le sentier ?
C’est parce que le moment est venu de parler de lui et de tout animal !
Que pouvons-nous dire de l’animal ?
Sur base de ce qui vient d’être dit, nous pouvons dire qu’il possède un Corps Physique et un Corps éthérique ou de forces formatrices.
C’est évident !
Qu’a-t-il d’autre qui le caractérise comme animal ?
L’animal est le lieu et le porteur des expériences intimes de son être. Il est le lieu et le porteur d’une sensibilité : peine, joie, émotions, passions, désirs. Il est en mouvement dans l’espace ; il n’est pas " enraciné " comme la plante ou " cloué sur place " comme une pierre.
Nous constatons donc que l’animal est constitué d’un troisième élément ; nous convenons de l’appeler " corps astral ". Je t’entends déjà me demander s’il y a un rapport avec les astres ; oui, il y en a un ; par son corps astral, l’animal est en relation avec certains êtres spirituels du monde des astres. C’est dans ce monde que se trouve la conscience de soi de l’animal ; cette conscience de soi est une " âme-groupe ", une âme qui relie entre eux tous les animaux d’une même espèce.
Et l’être humain ?
Inutile de te dire – tu l’auras découvert par toi-même -, l’être humain possède un corps physique, un corps éthérique et un corps astral.
Qu’a-t-il en plus qui le caractérise ?
La conscience de soi est en lui ! C’est là toute la différence !
Le monde minéral a sa conscience de soi non pas en chaque pierre, chaque cristal, … mais dans les êtres spirituels qui en sont à l’origine. Nous disons habituellement que le minéral n’est pas conscient mais cela n’est vrai que si nous restons sur le plan physique.
Le monde végétal a sa conscience de soi non pas en chaque plante, arbre, fleur, … mais dans les êtres spirituels dont ils sont la manifestation. Ici aussi, ce n’est que sur le plan physique que nous pouvons dire que le règne végétal est inconscient.
Et il en va de même pour le monde animal. Dire que les animaux ne sont pas conscients sur le plan physique peut paraître une aberration ; ce n’est que dans une méditation plus approfondie que nous pouvons en prendre conscience.
Voici un exemple qui aidera la compréhension. Dans une région, les singes furent amenés, à la suite d’intempéries, à laver leurs patates avant de les manger alors qu’ils ne le faisaient pas auparavant. Et voilà que dans une autre région avec laquelle les premiers n’avaient eu aucun contact, les singes commencèrent à faire de même !
Que s’est-il passé ? Les singes ont communiqué entre eux par l’intermédiaire de l’âme-groupe " singes ". On pourrait comparer l’âme-groupe à une station émettrice-réceptrice imprégnant l’atmosphère astrale avec laquelle tous les animaux d’une même espèce sont en connexion.
La conscience de soi animale passe ainsi par l’âme-groupe de son espèce, c-à-d par les êtres spirituels qui les " dirigent ".
Nous pouvons dire que les êtres humains appartiennent aussi à une âme-groupe astrale. Toutefois, comme la conscience de soi s’est incarnée en chaque être individuellement, cette conscience de soi va s’affranchir progressivement de l’âme-groupe.
Cette conscience de soi va prendre conscience de la présence en elle d’une " force spirituelle ", de même nature qu’un être spirituel cosmique, porteuse de toute la Sagesse Cosmique.
A cette force spirituelle individualisée, on a donné divers noms : Moi profond, Grand Moi, Kyrios ou Seigneur de l’âme individuelle, Je, Etincelle divine en l’Homme, Etre Suprême individualisé…. Socrate l’appelait : " daïmonion ". (fig.1)
La conscience de soi a imprégné toute notre âme.
Tu parles d’âme ! De quoi s’agit-il exactement pour toi ?
En grec, âme se traduit par " psychè ", ce mot qui est une racine de nos mots " psychologie, psychiatrie, psychothérapie,… "
La psychè est un miroir à deux faces. C’est dans notre âme que se vivent les impulsions de penser, ressentir et vouloir. Si je dressais trois colonnes (penser, sentir, vouloir) je pourrais y inscrire tous les verbes du dictionnaire car penser, sentir et vouloir sont les trois activités fondamentales de notre âme.
Pourquoi les grecs ont-ils considéré que l’âme était un miroir à deux faces ?
Personnellement, la meilleure image que je me sois faite de l’âme c’est quand je la place au cœur d’une lemniscate reliant le " Je " au Corps. (voir fig. 2)
Cette figure met en évidence une grande réalité à laquelle l’être humain est appelé de par son essence. Voici. Dès que mon âme a fait une expérience dans son corps, c’est enrichie de cette expérience qu’elle se tourne vers son " Je-Esprit " afin de faire une autre expérience ; forte de cette dernière expérience dans son " Je-Esprit ", elle continue son chemin vers son Corps afin d’y faire une autre expérience et ainsi de suite dans un " mouvement permanent ", c-à-d un chemin permanent en forme de lemniscate. Pourquoi en forme de lemniscate ? Parce que le cœur de la lemniscate signifie que l’âme est appelée à passer par cette grande réalité qu’est l’effort de retournement ; sans ce travail de retournement, l’âme ne passe pas fructueusement d’une expérience dans le Je-Esprit à un expérience dans le Corps et inversement.
Le " Je " descend (s’incarne) en premier lieu dans l’âme ; c’est dans l’âme que la conscience de soi se développe sous l’action du " Je ".
Dès que l’âme a pris conscience de cette présence du " Je " en elle et qu’elle se met librement en dialogue avec lui, elle va pouvoir entreprendre un travail de transformation de ses trois corps physique, éthérique et astral en ce que les Orientaux appellent Manas (transformation astrale), Bouddhi (transformation éthérique) et Atma (transformation physique).
Que veut dire transformation ? Cela veut dire :
que la conscience de soi du Corps astral qui se trouve dans le monde astral passe dans l’âme individuelle. Le corps astral s’affranchit donc du monde astral. Les qualités astrales sont prises en charge par le " Je ".
que la conscience de soi du Corps éthérique passe, du monde de l’esprit, dans l’âme individuelle. Le corps éthérique s’affranchit donc des êtres spirituels qui le forment. Les forces formatrices sont prises en main par le " Je ".
que la conscience du Corps physique passe dans l’âme individuelle. Le corps physique s’affranchit donc des plus hautes hiérarchies qui le tenaient en état. Les forces physiques du Corps physique sont prises en charge par le " Je ".
Je reconnais que cela est compliqué en première découverte. C’est pourquoi, nous y reviendrons plus largement dans un entretien d’approfondissement, en l’illustrant avec des faits de la vie quotidienne.
Aujourd’hui, pour pouvoir découvrir une vue d’ensemble de ce que nous sommes en tant qu’être humain, il " suffit " de constater que ce qui nous différencie de l’animal, c’est la conscience de soi qui s’est individualisée en chaque être humain. Cette conscience comporte la conscience de la présence en soi d’une force spirituelle " Je " appelée à prendre en charge nos trois corps afin de couper les fils qui créent une dépendance envers d’autres êtres cosmiques. Attention, cette " indépendance " à conquérir est une indépendance qui fait de nous des collaborateurs des êtres cosmiques. Etres humains et êtres cosmiques ont besoin les uns des autres pour continuer leur chemin d’évolution. Nous en reparlerons dans un entretien d’approfondissement.
Quand nous nous incarnons, notre âme traverse le fleuve " Léthé " et oublie tout afin de ne pas devenir un " automate " dans les mains de l’intelligence cosmique qui est en elle. Dans la vie quotidienne, par un travail libre et conscient, elle va se tourner vers son " Je " porteur de l’intelligence cosmique (le daïmonion de Socrate) pour qu’il l’informe et l’aide à découvrir, en toute liberté et conscience, réponse à ses questions.
Mais attention ! Le " Je " ne peut être contacté que sous certaines conditions : l’âme doit travailler à acquérir en elle les qualités des êtres des mondes de l’esprit. C’est une loi initiatique ; dans les anciens temples de mystères, le candidat à l’initiation devait passer par un chemin de purification de l’âme. Nous en reparlerons.
Nous en resterons là avec la description des neuf éléments de la nature humaine. La figure 2 est un support pour faciliter la méditation afin d’ouvrir les portes intérieures et la vérification dans la vie quotidienne. Voir la figure 3 qui donne une vue d’ensemble.
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Première éditon : 11 septembre 2001
Dernière révision :
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