Quatrième entretien.
(Le Bouddhisme)
Qui n’a pas entendu parler du Bouddhisme ? Qui d’entre nous en Occident ne connaît pas l’existence du Dalaï-Lama ?
Et si le Thibet n’avait pas connu le sort que lui a donné la Chine, beaucoup d’entre nous, peut-être, n’auraient entendu parler ni du Bouddhisme ni du Dalaï-Lama !
Ainsi, en Occident beaucoup ont accédé à ce – comment dire – à ce courant de pensée, ce courant philosophique, cette façon de comprendre la vie. Certains d’entre nous se sont livrés à des recherches pour découvrir pourquoi cet engouement vers le Bouddhisme, pourquoi ces salles pleines écoutant le Dalaï-Lama. Quelle soif était ainsi étanchée ? Quelle eau de vie le Bouddhisme apporte-t-il ?
Certains en ont conclu à un besoin de spiritualité dans un Occident qui se meurt au sein d’un matérialisme qui piétine la nature de l’être humain, au sein d’un matérialisme que n’a pu gérer une civilisation issue du christianisme.
Le Bouddha parle de l’éveil. En fait, il présente un chemin vers la Sagesse Cosmique.
Je pense comme toi. Que nous apporte le Bouddha ?
Il veut nous faire comprendre que la vie sur Terre est un temps de souffrances ; il nous invite à devenir au plus vite des êtres de compassion afin que notre karma se vide de tout comportement qui exigerait de se réincarner pour accomplir sa compensation.
Mais, vérifie ceci dans son enseignement ; il ne parle pas des dieux créateurs comme nous en parlons en occident ; il parle principalement de l’être humain appelé à se purifier pour entrer le plus rapidement possible dans le Nirvana, lieu suprême de félicité.
Il ne présente pas un chemin qui conduit vers la Sagesse Cosmique, au sens d’un " savoir " comme nous en avons parlé précédemment ; le bouddhisme invite davantage l’être humain à travailler sur lui-même par la méditation afin d’acquérir des qualités de compassion, de maîtrise de soi.
Ainsi, nous pourrions dire que l’Occident est actuellement en recherche d’un savoir profond sur ce qu’est l’être humain et l’univers tandis que l’Orient est marqué par une volonté de travailler ses qualités d’âme.
C’est cela. Mais il nous faut bien constater que l’expansion du Bouddhisme en Occident ne veut pas dire qu’il répond à toutes les aspirations des occidentaux. En outre, nous sommes bien obligés de constater que l’Orient ne vit plus le Bouddhisme avec la même force qui a été un jour la sienne.
Le Dalaï-Lama, si mes sources sont bonnes, se pose lui-même la question de savoir s’il aura un véritable successeur.
Un rideau est aussi en train de tomber sur le Bouddhisme comme nous l’avons constaté pour le christianisme en Occident. C’est la fin du premier acte ! Faisons cependant la même réserve que celle que nous avons faite pour le christianisme en nous demandant si la pièce est finie ou s’il y a un second acte à venir….
Tu viens de parler du Christianisme et du Bouddhisme ; ne faudrait-il pas aussi examiner les autres courants philosophiques, religieux, culturels : l’Islam, le Judaïsme, les Amerindiens, les divers branches du Bouddhisme et du Christianisme, la morale laïque, le capitalisme, le socialisme, le communisme, etc., etc. ?
C’est indispensable de le faire. Mais je ne les examinerai pas tous dans ces premiers entretiens de base.
Je voudrais que ces entretiens de base soient les fondations sur lesquelles nous approcherons toutes les autres questions. Je voudrais que ces entretiens de base constituent un fil conducteur, une colonne vertébrale pour tous nos entretiens futurs qui se pencheront sur les questions qui sont nées ou qui naîtront dans tous les faits – petits ou grands – de notre vie quotidienne.
Ces entretiens de base devraient répondre aux questions essentielles qui se posent à nous hommes de l’Occident. Si nous vivons en Occident, c’est parce que nous avons voulu nous imprégner de sa culture pour faire ensuite notre propre chemin d’évolution et, par le fait même, permettre à notre Occident de remplir sa tâche.
Or notre Occident est particulièrement marqué par le Christianisme et par l’empreinte plus récente du Bouddhisme.
Certes, le siècle des lumières, le libéralisme, le socialisme, l’islam l’ont marqué. Nous aurons l’occasion d’en reparler.
Toutefois, pour poursuivre ces entretiens de base, je te propose, lors de notre prochaine rencontre, de prendre connaissance de ce que la méthode de Socrate nous permet de découvrir sur ce qu’est un Etre Humain.
Par la méthode de Socrate. Tu veux donc dire que tu me parleras de ce que découvrent ceux qui se tournent vers l’intérieur d’eux-mêmes lorsqu’ils s’interrogent sur la nature humaine ?
C’est bien cela.
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Première éditon : 11 septembre 2001
Dernière révision :
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