Huitième entretien
(La rencontre)
Je commence par une phrase assez lapidaire : Tout, dans notre vie quotidienne, est rencontre !
En fait, c’est de la rencontre que je veux te parler !
Quand je mange, je rencontre un aliment ; mieux, je rencontre l’esprit qui est à l’origine de cet aliment ; si je mange une carotte, je rencontre l’esprit de la carotte ; si je mange du fromage, je rencontre l’esprit de la vache et l’esprit de l’homme qui a fabriqué ce fromage.
Quand, comme le préconise Socrate, je me tourne vers mon " Je " intérieur, c’est une rencontre avec mon " Je ". C’est évident ! C’est aussi une rencontre avec la Sagesse Cosmique. C’est aussi une rencontre avec Christ qui, comme il l’a dit et le constatons, vit à l’intérieur de moi. C’est encore une rencontre avec tous les êtres cosmiques qui sont à l’origine de mon être et dont je me sépare progressivement pour entrer en collaboration avec eux. Je rencontre aussi tous les fruits de mes erreurs de comportement.
Quand je rencontre un autre être humain, qui est ce que je rencontre ?
Je rencontre son petit moi et aussi son grand Moi ! Je rencontre aussi Christ qui vit en lui : je rencontre ce qu’il a christifié en lui. Je rencontre aussi certaines qualités des êtres cosmiques. Je rencontre aussi les monstres, fruits de ses erreurs.
En réalité, dans notre vie quotidienne, nous dormons bien souvent ; nous ne sommes pas vraiment conscients de ce que nous vivons " ici et maintenant ".
Personnellement, je m’efforce de développer le plus possible ma vie intérieure au moment de toutes ces rencontres. Ce n’est pas rien…tant les habitudes et les obstacles sont forts !
Y-a-t-il des lois, des règles qui permettent de mieux prendre conscience de la façon de vivre ces diverses rencontres ?
Oui ; elles sont simples mais exigeantes !
Elles ne sont pas nouvelles ! Elles existaient déjà dans les anciens centres de Mystère (avant Christ) ; nous parlerons de ces anciens mystères dans un entretien d’approfondissement. Aujourd’hui, je te parlerai de la rencontre comme je la conçois pour notre époque, tout en en gardant la substance " éternelle ".
Voici les quatre grandes caractéristiques d’une rencontre.
La première : le témoignage.
Je témoigne de ce que j’ai vécu, simplement sans intention de vouloir convaincre.
La deuxième : l’offrande
Si je témoigne, je témoigne de ce que j’ai vécu non pour me mettre en évidence mais simplement pour offrir de ma substance personnelle à autrui ; je fais un cadeau dont il fera ce qu’il voudra.
Si je reçois un témoignage, je me fais coupe pour ce qu’autrui m’offre. Je me fais coupe au point qu’après son témoignage, je me ressens comme si c’était moi qui avais vécu ce témoignage.
Pendant la réception de ce témoignage, je veille à ne laisser monter en moi ni sentiments d’approbation ni sentiments de désapprobation.
Je ne porte aucune critique car tout sentiment de critique empêche la substance du témoignage de parvenir à ma conscience.
La troisième : la transsubstantiation.
Après avoir reçu le témoignage, j’extrais le contenu de la coupe que j’ai remplie du témoignage pour en faire une alchimie avec ce qui est et vit à l’intérieur de moi.
Ici, je fais particulièrement attention de ne pas perturber l’alchimie avec mes préjugés, mes idées dogmatiques ou préconçues
Il s’agit bien d’une alchimie de vie et non d’un jeu de concessions mutuelles, de compromis.
Quand l’alchimie se termine, que s’est-il passé en moi ? Une transsubstantiation : la substance d’autrui a rejoint, en tout ou en partie, la mienne au point que ma propre substance est différente de celle d’avant le témoignage.
La quatrième : la communion
Après une telle alchimie, lui et moi, nous nous sommes rapprochés ; nous entrons en communion dans la mesure de la transsubstantiation que chacun de son côté a pu réaliser.
Nous avons fait un pas de marche vers l’Unité, vers le Père.
Nous sommes loin de ces " discussions " où l’on interrompt continuellement celui qui parle pour apporter ses propres opinions. Ainsi certains débats à la Télé !
Depuis que Christ s’est incarné, y-a-t-il un " plus " dans les rencontres ?
Certainement ! Tu as un juste pressentiment ! La Sagesse Cosmique s’éveille en toi !
C’est lorsque Jésus s’est présenté au baptême dans le Jourdain que Christ, l’Être solaire, s’est incarné en lui, amenant ainsi dans l’Humanité la capacité pour chaque être humain de prendre conscience de la présence intérieure d’un " Moi profond " appelé à prendre le gouvernail de l’âme, dans la mesure où celle-ci l’accepterait.
Marc commence son Evangile, en allant directement à l’essentiel de ce qui nous est nécessaire actuellement, quand il invite l’âme humaine qui se trouve dans la solitude, à accueillir son " Kyrios " ou, suivant le sens qui était donné à ce mot dans les mystères de l’époque, son " Je-Esprit ", son Moi profond.
Ainsi, chaque être humain est appelé à se faire coupe pour Christ comme Jésus l’a fait au Jourdain.
Le " Je " de Jésus s’était retiré pour faire place au Moi cosmique. Offrande suprême de ce Moi de Jésus pour le bien de toute l’Humanité.
A chacun de nous, il est proposé de se faire coupe pour Christ mais pour un Christ que l’âme individuelle accueille progressivement dans son " Je-Esprit ". Pour ce faire, nous n’avons donc pas à retirer notre " Je-Esprit " mais à le laisser se dévoiler au contact de Christ par les bons soins de notre âme.
L’offrande d’un " Je-Esprit ", comme Jésus l’a fait, ne devait se faire qu’une fois dans l’humanité afin que l’Etre solaire puisse pénétrer une première fois tout entier dans l’humanité. Par cet acte, Christ devenait Esprit de la Terre. Cet acte ne doit plus se reproduire.
Si Christ est devenu Esprit de la Terre, qui est l’âme de la Terre ?
En Jésus qui, au Jourdain accueillait Christ, vivait l’âme de sa Mère, la Vierge Sophia ; c’est elle l’âme de la Terre ; c’est pourquoi, il a été souvent dit que l’on va à Christ par l’intermédiaire de la Vierge. En clair, cela veut dire que seul peut aller à Christ l’être humain qui a fait de son âme une Vierge Sophia.
Faire de son âme une Vierge Sophia, c’est aligner son corps astral sur les qualités des êtres cosmiques ; ce n’est que lorsque notre âme (notre corps astral) a ainsi retrouvé sa pureté des origines qu’elle est coupe pour Christ qui lui offre le " Je " individuel de l’homme. C’est l’image du Graal avec tout ce qu’elle enseigne ; et elle nous enseigne bien davantage que tout ce que je t’ai dit !
Je voudrais que tu en reviennes à la rencontre, celle qui est devenue possible depuis que Christ s’est incarné !
Oui, j’y reviens !
Tu peux maintenant prendre conscience que lorsque tu rencontres un autre être humain, tu rencontres aussi Christ. Au lieu de voir en cet être les aspects qui te poussent à le rejeter, si tu vois en lui un " Je-Esprit " qui comme toi s’efforce de s’élever - consciemment ou inconsciemment - en Christ, tu reçois de cet être force et courage non seulement par ce qu’il dit, pense ou fait mais surtout par ce qu’il est.
Si tu te laisses interpellé par ce qu’il est, tu t’offres à recevoir son témoignage ; tu es offrande ; tu es coupe ; et tout le processus de transsubstantiation-communion se développe pour ton plus grand bien et celui de l’Humanité toute entière.
Comment se passe, depuis Christ incarné, ce processus de transsubstantiation-communion ?
Augustin, un Père de l’Eglise qui vécut au 4ème siècle, l’a décrit d’une manière très précise à l’aide d’une phrase lapidaire : " Foris admonet, intus docet ".
Voici la traduction littérale : " Il (Christ) interpelle de l’extérieur ; il (Christ) enseigne de l’intérieur ". En clair cela veut dire que Christ en tout être nous interpelle mais que c’est à l’intérieur de l’être qu’il enseigne.
C’est une phrase qu’Augustin livrait à la méditation de ses prêtres pour qu’ils découvrent ce qu’était leur activité de prêtre ; par cette phrase, il leur recommandait de témoigner de Christ mais de ne pas s’immiscer dans la vie intérieure des hommes et de laisser à Christ le soin d’enseigner à l’intérieur de chacun d’eux.
Grande sagesse s’il en est ! Mais bien peu appliquée dans les actes !
Aujourd’hui, tout être humain est appelé à ce comportement social ; n’a-t-il pas été dit, en vérité, que l’Homme est Prêtre, Prophète et Roi ?
Voilà ce que ce que je voulais te dire dans ce dernier entretien de base.
De quoi me parleras-tu dans les entretiens d’approfondissement ?
J’appliquerai les règles de la rencontre ! Donc sur base des questions que tu me poseras, je témoignerai de ce que je vis ou éventuellement, si nécessaire, je rapporterai le témoignage d’autrui. Ensuite, tu laisseras Christ enseigner en toi !
Splendide ! Au moins avec toi, on se sent libre ! On ne risque pas de se retrouver dans une secte !
Je n’ai pas de doctrine à enseigner ! Mon seul souci est de contribuer à ce que tous les courants de pensée entrent en alchimie.
Y a-t-il des questions qui t’ont particulièrement intéressé dans ta recherche ?
Certes ! En voici quelques-unes.
Comment la société humaine devrait-elle s’organiser pour que chaque homme puisse y vivre harmonieusement dans un esprit de liberté, d’égalité et de fraternité ?
Tout ce qui se passe dans l’actualité m’interpelle profondément. Ainsi la spirale des restructurations d’entreprise qui conduisent au chômage et au travail inhumain pour ceux qui restent,
Ainsi, aussi, la libéralisation outrancière de l’économie qui dressent les êtres les uns contre les autres dans un climat de concurrence alors que la vie économique devrait se dérouler dans un climat de fraternité avec le seul souci de satisfaire les besoins de tous. (fig.7)
Comment gérer sa sexualité ? Comment sortir sainement de ce climat de tabous et d’interdits ?
Je suis convaincu que l’élévation du niveau de conscience de soi apportera de grands changements dans les comportements relationnels entre femmes et hommes. La loi intérieure l’emportera harmonieusement sur les lois dictées de l’extérieur. Ce n’est pas l’acte qui est à " rendre juste " mais ce qui se vit dans l’âme au moment de l’acte !
En matière de psychologie, je me sens de plus en plus à l’aise dans ce que j’appelle une " psychosophie " qui tient compte de l’Homme tout entier : Corps, Âme et Esprit.
J’accorde aussi une place très importante à cette capacité que possèdent certaines personnes d’investiguer dans le karma. De plus en plus d’êtres humains, surtout parmi les plus jeunes, accèdent naturellement à l’idée des vies antérieures et trouvent important de découvrir ce qu’ils ont vécu dans leurs vies antérieures afin d’embrayer " correctement " dans la présente incarnation. Ces êtres ont conscience que l’être humain est un être en évolution et qu’il est donc nécessaire de savoir où l’on en est pour poursuivre harmonieusement son chemin de progrès.
En travaillant à améliorer son astralité, l’être humain verra se développer son niveau de conscience de soi et sera ainsi de plus en plus à même de découvrir ce qu’il en est de ses vies antérieures.
Cette connaissance est et restera encore cachée à ceux qui n’en ont pas encore besoin pour poursuivre leur évolution. Toutefois, la prise de conscience du principe de la réincarnation devient indispensable pour l’Humanité afin que les hommes aient le courage de modifier leurs comportements, c-à-d de purifier leur astralité afin de sortir progressivement de tous les maux qu’ils engendrent.
Le respect de la Terre-Mère dont Christ est l’Esprit. La qualité des aliments. Le traitement des animaux.
Et bien d’autres questions….
Ton mot de la fin ?
Permets-moi d’être un peu poète !
Âme et Je sont invités à s’épouser et à se féconder mutuellement. Ceci est vrai pour chaque être humain et ceci entraîne une autre grande réalité : chaque être humain est invité à épouser tous les autres êtres humains ! Et ces épousailles ne seront fructueuses que si elles s’accompagnent des épousailles de tous les êtres de la terre et du Cosmos !
Ainsi, l’Homme, fleuron de l’Univers, prend progressivement place au dessus de toutes choses !
Qu’entraînent ces réalités ?
La Rose nous répond : " Ainsi que je prends place dans le jardin pour l’embellir de ma beauté sans me soucier de l’effet que je ferai ainsi toi, ô homme, prends place dans l’Univers sans t’en orgueillir mais simplement en étant ce que tu es. L’Univers tressaillira de joie et te comblera de sa joie ! "
En étant ce que tu es : l’époux de tous !
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Première éditon : 11 septembre 2001
Dernière révision :
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